Béatrice Lukomski-Joly


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Quand  la femme qui nous a mis au monde  vieillit et que les symptômes de la vieillesse envahissent le quotidien dans la mémoire des faits anciens, c'est chaque soir, vider le trop plein d'émotions sur les jours vécus ensemble dans des poèmes qui réparent  l'âme pour continuer le chemin.

Puis, elle rend son dernier souffle, laissant à la terre son habit flétri et usé, et enfin rayonne sans laisser l'écriture se taire.

Alzheimer Poème à deux voix

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

Auteur photo inconnu

 

Elle

- Oh ! Toi ! Je t’attendais. Mes heures te promettent.

Nuits sont trop longues.

Matins sont infinis ; il pleut, tes yeux aussi !

 

Qu’ai-je fait pour tant d’iris livides, fillette ?

Ne pleure pas !

J’assèche ma mémoire ; viens ! Me voici !

 

Moi

- Dis mon prénom ; pour toi, il brille au firmament.

Regarde-moi.

Qui suis-je? Ne m’oublie pas, nuitamment ! Maman.

 

Elle

- Vois ma mère sourire ; aidant patiemment.

Entends son chant.

Sa joie est immense. Vois ! Elle m’attend.

 

Moi

- Dans ses bras, elle me prend, dépose un baiser,

Ô Suzanne !

Clamant merci, nous aimant d’Esprit dans son ciel.

 

Elle

- Dis-moi qui tu es. Mon souvenir est inapaisé.

Qui est Éliane ?

Qui es-tu ? Je t’aime, car tu es pareille au miel.

 

Moi

- Prends ma main, viens sur mon épaule, vois le jour.

Vie est céleste,

La destinée s’achève, l’aurore t’étreint.

 

Elle

- Merci d’être. Que suis-je sans ton amour ?

Ô mon soleil !

Ne pleure plus, tu es lumière, toi mon gardien !

 

Merci ! Poème sur deux voix

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

Odilon Redon

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Odilon_Redon

 

Elle

- Viens ! La nuit tombe ! Viens dans mes bras !

Les étoiles se lèvent ! Le ciel s'éclaire !

Viens ! Vois les nuages dans l'éclair !

 

Moi

- Vois ! Il n'y a plus de nuages dans le ciel si bas.

De nos deux cœurs, nous avons épuré l'avenir.

Viens ! Ce soir, ne me regarde pas partir !

 

Elle

- Entends le frisson du rideau en dentelle !

Lorsque je le soulève, devine mon soupir !

Vois ma main tenir cet au-revoir, sans plus te trahir !

 

Dis-moi encore ton amour ! Je suis si vieille !

Merci ! Merci d'être là ! J'ai si froid !

Touche mon dos ! il perle de tant de pluie.

 

Moi

- Viens ! Il n'y a plus d'orages. Le vent est sage.

Aimer chante le monde, ce soir.

Viens ! Ton fils porte déjà l'ostensoir.

 

Elle

- Dis ! Dis le verbe qui est l'écho du passage,

Et vole avec moi jusqu'à l'empyrée !

Sans toi, mes ailes sont fragiles et givrées.

 

Moi

- Viens ! Je ne te quitte jamais, même la nuit !

Laisse le passé gagner son levain, il est mûr.

Jetons l'ivraie dans le clair-obscur !

 

Elle

- Merci ! Merci ! Toi ici ! Toi seule de nuit !

Vois l'oiseau blanc près de ma couche parfumée,

Il me parle de toi quand tu es manifestée.

 

Moi

- Viens ! C'est le temps venu de la grâce juste !

Chaque étoile te bénit d'aimer, enfin !

Il n'y a plus de dette ! Karma est achevé, enfin !

 

Elle

- T'ai-je dit que je t'aimais, toi si auguste !

Toute cette lumière sur ton visage ! Qui es-tu ?

Pourquoi tout cet amour ? D'un voile, tu es née vêtue.

 

Moi

- Tu te souviens ? Grande est ma joie en cette nuit !

T'ai-je dit que je t'aimais, toi si magistrale !

Parce que mon amour est ! D'un voile, je suis née.

 

Paru dans : 

 

L'éternelle lumière

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Au rayon de l’éternelle Lumière

vont les âmes en robes étoilées,

parmi voiles d’or et de bleu tissés,

et avec elles, je vais de piété altière.

 

Je franchis le pont sur les flammes

puisque toutes nuits, il nous faut le franchir,

et enfin être avec eux, les mains jointes en la lyre,

en adoration car adorer est bien, est une juste âme.

 

Elle, me tend la main, je lui offre la mienne,

de lumière fécondée qu’Amour éclaire.

Elle m’offre à chaque venue sept couleurs claires,

comme sur terre, nous offrons des fleurs pauliniennes.

 

Nos bras n’ont pas assez de longueur d’homme

pour s’aimer ; et nous les prolongeons d’un cœur

pour vivre le plus noble des sentiments-soeurs,

le plus pur, le plus grand, et nous sommes.

 

Au rayon de l’éternelle Lumière

vont les âmes en robes étoilées,

parmi voiles d’or et de bleu tissés,

et avec elles, je vais de piété altière.

 

Montserrat Caballé sur des paroles et musique de Vangélis

Pureté de la flamme

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Elle

- Bonjour ! Bonheur ceint mon esprit.

J’ouvre ta porte d’entrée, tu m’entends

appeler ton bienheureux prénom. En toi, je lis.

 

Moi

- Toi ici ! Pureté de la flamme. Quelle joie de te voir !

j’en pleure de liesse ; ne me quitte pas.

Oh ! cette perte ! Telle une fleur arrachée.

 

Elle

- Fleur arrachée et pour moi terre devenue infertile,

ma mort fut un désastre, privée de toi, seule.

Ils n’ont pas voulu que je te donne le baiser d’adieu.

 

Moi

- J’entends encore ton cri fendre mon espace

et dans le parc, je vois s’éteindre nos pas

qu’en hiver prirent nos semelles pleines de tracas.

 

Elle

- Je t’ai aimée ma fille, mal aimée mais aimée,

si fort aimé que mon ciel t’accompagne

désirant de toute sa force t’aimer davantage.

 

Moi

- Vois ta maison comme elle est belle,

d’amour, je l’ai purifiée, et baignée de mes larmes,

je l’ai assainie et ointe, te prêtant mon âme.

 

Elle

- Voyant ce geste, ici, lumineux et clair,

Semblable à la lumière ambrée angélique

que le rayon solaire dépose sur le champ, je t’aime.

 

Moi

- je les ai vus porter ton message en une rose

consolable en mon âme inconsolable,

et la vêtir d’un arc-en-ciel paré de tant d’amour.

 

Elle

- ô toi, sage comme la clarté du jour à l’aube,

je vois ici aussi ta lumière anoblie dans le ciel.

Tu n’as rien à regretter. Je t’attends déjà.

 

Moi

- On a dit de moi toute sorte de mal, voyant cet Amour

que même ceux croyant aimer accablent.

Et l’arc-en-ciel a éloigné ce vaste ciel noir.

 

Elle

- Je reviendrai pousser ta porte et avec toi m’asseoir,

parler de la Lumière qui nous enveloppe.

J’ai vu l’Amour et l’Amour m’a grandie.Merci.

 

 

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