Béatrice Lukomski-Joly


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Disciples

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

Il n'y a pire disciple que celui qui prend la place du maître afin de se glorifier et avoir foule de disciples, relèguant le maître au second plan. Vous les trouvez partout dans le monde et dans toutes les disciplines et écoles de pensées.

Les écrivains sont le plus souvent leur statut que le poète accuse, car il y a un abîme entre un écrivain et un poète. Le poète peut être écrivain mais il témoigne du maître, jamais ne prend sa place, car il est de par sa nature d'abord poète.

C'est la différence entre un écrivain et un poète.

Comme leur orgueil est grand !

Comme le mal fait est immense !

Le maître se témoigne ; nul ne le remplace.

C'est la forme d'un meurtre. Tout est compté.

BLJ

Ma nou, ma minou, mamours.

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

 

 

C’est une douleur,

un enfant placé, investi,

famille en délit,

dodo avec l’éleveur,

écran grand sur son coffre poli,

petit écran entre les mains au lit.

Ma nou, ma minou, mamours.

Mamours, oh mamours !

 

Enfant dit qu’il a la fièvre

pour dormir avec l’amour,

et l’amour dans ses bras velours

se pelotonne sur sa lèvre

pour aimer avant de dormir,

pour plaire et frémir.

Mamours, oh ma mamours !

 

L’enfant aime bien, alors se tait,

car l’éleveur donne l’ordre de se taire.

Enfant parle ; oh désastre ! Lui plaire.

Donne-moi sa photo ; elle me plaît

que je câline le papier avant le dodo.

Elle est dans mon sac à dos,

bien cachée sous les vêtements.

C’est oh ! ma minou, doux moment !

 

https://www.disneyplus.com/fr-fr/movies/the-amazing-spider-man-le-destin-dun-heros/4h3EaB5DYH6g

 

Elle et elle, elles.

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

Photo issue du site :

https://www.societe-acp.fr/differences-syllogomanie-syndrome-diogene/

Quarante-cinq ans ! Quarante-cinq ans que la maladie la tenait à la gorge et à l’âme ! Terrible, perverse, envahissante, castratrice, persécutante, indélébile ! Elle, elle, était atteinte de schizophrénie. Elle, elle était la dernière-née d’une grande fratrie qui n’avait pas eu la chance de vivre dans l’amour témoigné.

La grippe, la sclérose en plaques, le cancer, la paranoïa, et tant d’autres pathologies avaient le même profil avec les mêmes symptômes du début à la fin de la maladie, mais pas la schizophrénie, si ce n’était le premier symptôme commun à chacun, le dédoublement, être deux en soi, être habité par soi qui est un horrible ennemi et dont la laideur n’a pas de rémission vers la beauté du monde, mais évoluant sur des modes différents selon la personnalité de l’âme. Elle, cette maladie avec un nom défini n’avait pas sa semblable dans les pathologies psychiatriques. En cela, elle trompait son monde ; elle était difficilement perceptible comme une constante en tous ses signes. Elle, elle pouvait passer inaperçue comme elle pouvait être tonitruante, voire assassine. Méchante en son essence, elle, la schizophrénie ne montrait jamais d’équilibre entre ses mêmes symptômes. Un jour mythomane, le lendemain agressive, le surlendemain prévenante comme l’air du printemps parce que la peur est son habit et que c'est son appel au secours, puis un autre jour, fidèle à l’existence du double qui s’est reconnu tout en s’attaquant inlassablement à soi et à l’âme de l’autre : la maladie qui terrorise d’abord celui qui la porte et la vit au quotidien, heure après heure, puis qui terrorise le proche les jours qui ne conviennent pas aux normes sociales du double pathologique.

Quarante-cinq ans envahissants galopaient comme galope un cheval devenu fou parce qu’il s’est emballé apeuré par le serpent qui l’a piqué à la couronne du sabot ou au paturon, et s’est détruit en heurtant un arbre ou un mur. Blessé, il boîte à vie quand il ne meurt pas de sa folie en s’étant jeté dans le vide, tellement hanté par le souvenir de sa morsure. Oui, hanté par soi-même. Le double !

Elle, elle, amie parmi les amies qui font une vie, je l’avais connue au détour de la vie, mise sur ma route une nuit de démence pure.  Cette amie  mordue par la maladie ! Les nuits de démence s’étaient répétées comme un geste devenu toc parce qu’il n’a plus de solution pour être. Je l'avais aidée autant que je l'avais pu quand aide elle demandait. L'aide improbable dans laquelle on se perd malgré tout l'amour que nous portons. L'amitié est un leurre dans ces cas pathologiques.  Elle et elle profitaient plus qu'elles n'aimaient ses amies. Elles étaient utiles jusqu'à un certain point de non-retour.

Qui était-elle, elle ? Elles deux ! L’une et l’autre indissociables dans la pensée et jumelles dans les actes. Elle, elle, étaient toujours deux pour n’être qu’une sans jamais dire laquelle nous avions en face de soi. Une seule personne qui est double et dont nul ne savait qui agissait vraiment à aucun moment de la vie. La caresse ou la giffle, le mot tendre ou l’injure, la vie ou le risque de mort sur soi ou sur l’autre. La terreur incarnée en s’accommodant à être deux pour toujours. Elle, elle, ne savaient jamais laquelle en elle allait parler, agir, aimer, haïr. Elles étaient elle. Schizophrène ! 

Comment avait-elle su qu’elle, qu’elle, était deux ? Elle avait soudainement vu sa tête se déporter face à elle, accrochée à son cou, la regardant féroce, ricanant. Elle s’était regardée effrayée d’être deux. L’autre ne la quittait plus, toujours en face d’elle, la scrutant et la guidant : «  Ha ha ! Fais ceci, cela ! Je suis toi. », la plongeant dans l’abîme dans lequel n’habitaient que des démons qu’elle et elle voyaient partout où elles allaient. Son double lui avait dit qu’elle était la nouvelle Vierge Marie et qu’elle portait un prophète en son sein. Elle était devenue Marie sous le ricanement de son double, mais une "Marie" dont la méchanceté n’avait d’égale que le diable, que son double avait réinventé. Ce double menteur devenait paranoïaque si quelqu’un tentait de lui affirmer que Marie n’était pas l’image qu'il lui disait être. Dans ces moments de tentative de raisonnement, elle aurait tué qui tentait de lui montrer la réalité. Elle, elle, avaient agressé souvent, souvent en mots, plus rarement en actes. Cependant, elle, elle, avaient tenté de démolir un enfant qui ne lui plaisait pas, une sœur qu’elle jalousait, une mère pour avoir de l’argent, sans être parvenu à aboutir ses actes contenus en sa main guidée par le double. À ces moments, les crises violentes étaient apaisées par des neuroleptiques nombreux, la couchant, qu’il fallait lui donner pour qu’elle et elle ne récidivent pas, car l’autre en elle lui disait de ne pas les prendre. Elle dormait quinze heures par jour et ensuite elles sortaient ensemble. Lui, son double, avait été jusqu’à lui conseiller de ne plus voir de psychiatre et elle s’était conformée à la demande de son sosie ténébreux. Elle et elle ne voyaient plus personne, quelques amies rares qu'elle et elle aidaient parce qu'elle et elle les avaient aidées. 

Elle et elle avaient cependant parlé ensemble pour accepter de prendre le traitement à vie car l’une d’elle ne voulait plus revoir l’ignoble face, seule décision sage que la plus sensée avait écouté sans jamais dire à son généraliste de quoi elle souffrait. Elle avait changé de médecin pour que personne ne sache et se contente de recopier l’ordonnance, fine manipulation du double qui avait coopéré : « Je te fiche la paix si tu tais ma présence. Tu ne me verras plus accrochée à ton cou si tu fais ce que je te dis.» Elle et elle vivaient ensemble en s’étant adaptées l’une à l’autre, forme terrible de la schizophrénie que nul ne pouvait voir si ce n’était l’anormalité du comportement enfantin dans un corps adulte et parfois avec quelques mots qui interpellaient, elle, semblant donner le change car l’autre elle savait manipuler avec art. " je vais porter plainte contre toi et je gagnerai car je suis handicapée." était de ses mots favoris. Cet autre était extrêmement intelligent, d’une intelligence machiavélique, mais intelligence ! En cela, nous pouvions constater et vérifier, quand cela était possible, que tous symptômes psychotiques ne sont pas forcément obscurs et inconscients. Nous pouvions remarquer que l’aspect psychotique ne concernait pas la schizophrénie en tant que telle, soit le dédoublement qui lui est conscient, mais les symptômes associés que la maladie engendrait : la paranoïa, la kleptomanie, la manipulation, le mensonge, la saleté - elle ne se lavait pas -, le syndrome de Diogène, le syndrome du sauveur - elle et elle avaient quantité de chats enfermés dans un logement insalubre qu'elle et elle avaient ramassés dans la rue, disant qu'on les lui avait donnés - façon de restructurer l'amour non eu dès la prime jeunesse,  façon de se remplir par tous les moyens. Elle était leur maman, disait-elle, puis, l’absence de morale vraie déguisée en morale de circonstances.Toutes ces dérives s’étaient mises en place, l’une après l’autre, elle et elle heureuses d’être tout cela car entrées dans une nouvelle normalité de la vie qui stabilisait le conflit intérieur mais sans être exempt de dangers pour l’autre et plus pour elle et elle. Dangereuse, elle l’était. Violente, elle l’était. Ne pas mourir sous ses mots et ses actes invitait à se retirer souvent quand un proche montrait trop de volonté d’aide qu’elle et elle ne pouvaient pas supporter au-delà d’une certaine limite. Nul ne devait toucher à cet égo déporté qui était devenu son ami sans plus le voir, mais dont elle savait la présence. " Il me guette ! Il revient si  je diminue mon traitement."

C’est ainsi qu’un jour, après que ses parents furent morts, elle et elle s’étaient reportées sur des membres de la famille selon ce qu’elle et elle en attendaient : de la condescendance, de l’adhésion à sa maladie, et surtout de l’argent pour acheter tout ce qu’elle et elle voulaient, sauf acheter de quoi se sustenter, ce qu’elle trouvait partout en proposant son aide, principalement chez les plus faibles. « J’aide, tu vois ! Et on me donne à manger. Je peux acheter tout ce que je veux comme ça. » On aurait dit « abus sur personne fragile » mais elle était aussi fragile bien que plus forte dans sa fragilité. «  Je te coupe les cheveux et tu me donnes dix euros, je suis moins chère que le coiffeur mais, surtout, tu dis que je l'ai fait gratuitement, que je suis gentille. Tu sais, je pleure quand on me dit gentille. Ce n'est pas souvent. » disait-elle. Elle avait appelé sa soeur " maman" pour s'autoriser tous transferts et la soeur avait dit avec colère : " Non ! Jamais ! je ne suis pas ta mère !" ce qu'elle et elle avaient très mal pris et vécu comme une offense et une attaque lourde. " Les mamans, c'est fait pour nourrir les enfants toute la vie." disait-elle.

Elle et elle achetaient tout en double, en quadruple, parfois davantage mais toujours en nombre pair, un objet pour elle et le même pour son autre elle. Elle et elle avaient ainsi une vingtaine de statues de la Vierge Marie qu’elle et elle contemplaient comme se voyant dans le miroir de sa démence acceptée et autant de Père-Noël et de poupées que ses rêves avaient souhaités avoir. Si elle achetait une simple chemise de nuit, elle l’achetait aussi en double pour son autre, son parfait sosie resté accroché à son cou. C’était ainsi pour chaque achat ; deux, quatre, six, huit, dix, douze objets semblables pour les satisfaire toutes deux. Elles deux pouvaient superposer plusieurs tapis acquis les uns après les autres comme entasser les boîtes et les papiers d’emballage parce qu’ils étaient précieux. Quiconque venait, peu de personnes ! marchait alors sur des tonnes de détritus parmi foule d’effets qui brillaient parce que briller était l’ordre de son ami accroché à son cou. Ainsi, on voyait moult couronnes scintillantes derrière des vitrines de buffets qui étaient tout aussi nombreux au point de n’avoir que l’espace d’un corps menu pour s’y faufiler. Elle avait été obèse nourrie par tant de personnes assurées qu'elle avait faim, déambulant chez elle,  nul ne saura comment, et maigrit au jour du décès de ses parents qui ne l'alimentaient plus. Un oncle avait aussi cessé de lui envoyer de l'argent car il avait appris la présence de nombreux chats : " Je ne nourris pas des chats ! tu m'avais dit que tu avais faim !" Il n'y avait plus personne qui acceptait de toucher les chèques de l'oncle pour lui redonner en espèce  la gloire du chèque. L'argent gagné par la mendicité avait acheté ses marbres, ses tentures d'Aubusson. Elle ne mangeait que si on lui posait une assiette devant elle ou mis un sandwich dans les mains.

Démasquées un jour d’hospitalisation, elle n’eut pas d’autre choix que de commencer à vider son logement lorsqu’une infirmière ne put pas placer un simple extracteur d’oxygène. Un membre de sa famille avait alerté mais nul ne l’avait pris au sérieux : « Quoi ! Mais elle est chez elle ! nous veillons à son bien-être et son appartement est correct ! » prouvant par là qu’elle n’avait aucun suivi dans ses drames de vie. Elle et elle avaient veillé à ce qu’aucune visite ne se fasse en sa tanière non éclairée, sale, dangereuse, au grand nombre de chats ajoutés. Sauver le monde des félins, peu importe les hommes ! La schizophrénie avait bien des visages conscients que l’inconscience des intervenants ne pouvaient pas démasquer. Aucun ne venait donc la voir chez elle ou de moins en moins.

Elle et elle avaient requis de l’aide auprès d’un proche qui devait lui donner des ordres selon elles, comme le sosie le faisait. L'infirmière et le médecin l'avaient exigé. C’était acté. L’appartement repris un peu vie ses détritus jetés à la benne, les quadruples, les sextuples d’objets donnés à une association. Les immondices jetés, il avait été découvert que tout était cassé : chambranles de portes, serrures, WC, chauffe-eau, gazinière rouillée, frigidaire ne fonctionnant plus, lit effondré, canalisations bouchées, tant les objets et les meubles avaient été accumulés et déposés n’importe où jusqu'à des vitrines dans la cuisine et dans l'entrée. Aussi, parce que lors de crises de panique, elle avait fracturé les serrures persuadée qu’on lui voulait du mal. Les mots étaient souvent interprétés, voire inversés dans leur sens, provoquant  drame sur drame, et la panique engendrait ces actes de violence sur les portes. Un inconnu avait tenté de mettre le feu plusieurs fois à sa porte d'entrée à l'aide de papier journal bourré au niveau de la fente, affirmait-elle, sans qu'il n'y eut, jamais, de traces de flammes à la base de la porte. Pas une ombre, pas une noirceur de suie. Il fallait la croire parce qu'elle l'affirmait. Elle disait avoir porté plainte contre l'incendiaire sans que la police n'ait pris la plainte au sérieux. C'était-elle déplacée ? Nul ne sut la finalité de ces incendies de porte.

Elle et elle regardaient, disaient-elles, ce décor tel un paradis sur terre. La vierge le lui avait dit. Beaucoup se demandait comment elle et elle avaient pu acheter autant, et dans ce vertige de matières dont des effets de valeur : bronzes, marbres, tableaux, et ces fameuses tentures authentiques d’Aubusson, chacun, peu ! apprenait qu’elle mendiait auprès d’un grand nombre de personnes, famille comprise, arguant toujours qu’elle avait faim. Chacun y croyait car peu entrait chez elles, quelques voisines qui l'aidaient en la nourrissant quand elles avaient trop cuisiné et aidaient les chats. De bien aimables dames.

L’appartement presque remis en conformité avec l’aide de tierces personnes ; la schizophrénie se débarrassa des personnes qui l’avaient aidée car elles avaient été témoins de l’innommable et qu’elle ne supportait pas les témoins. Elle les jugea dangereux selon la face rusée à son cou et les jeta comme tout le reste qui avait été jeté, affirmant que les aidants lui voulaient tous du mal, car l’un avait découvert qu’elle avait hébergé durant quatre ans un sans-papiers pour être nourrie et celui-ci retourné en son pays natal faisait des transactions via une banque internationale dont les SMS attestaient ces transactions venues d'Afrique. Il lui avait laissé aussi ses chats pour qu'elle s'en occupât. Ni vu ni connu, malgré tout ! L’invalidité faisait foi, disait-elle. Elle avait rendu service pour manger. " Il ne me gênait pas. Je dors tout le temps. Il me donnait à manger. Il faisait ce qu'il voulait. Je ne manquais de rien. Il faisait des voyances par internet. Il gagnait bien sa vie. Mon appartement n'était pas aussi encombré quand il était là. Puis, ça ne le dérangeait pas ; il voulait une place sur le canapé pour travailler et dormir. Il revient ; il a obtenu un visa."  La schizophrénie ne s’embarrassait pas de savoir si tel ou tel fait était juste ou un délit.

« Casse-toi ! Casse-toi ! Compris ! Casse-toi ! » une, deux, trois quatre, cinq fois, dans une violence verbale rare et assassine que se sauver est l’unique alternative. La schizophrénie avait parlé, avait émis un verdict. Elle pouvait reprendre sa vie comme elle l’avait toujours vécue. Diogène pouvait revenir cohabiter avec elle. Elle n'avait à nouveau plus d'obstacle. Elle dit que l’autre était hypocrite, qu’il voulait sa mort, tout cela en sanglots encore et encore.

La schizophrénie est multiple. Elle n’a pas de témoins. Elle a la parole du non-doute. Elle est la certitude du mensonge et de la manipulation, de la puissance et de l’influence. Chacun est aveugle, peut-être parce que c’est arrangeant ou parce que la puissance d’intention est plus forte que tout le reste. Lorsqu’elle vole dans les magasins, la schizophrénie montre sa carte d’invalidité pour ne pas être poursuivie. Le double sait faire. Il est maître dans l’art de cacher la vérité. Lorsque la schizophrénie veut un objet neuf, elle le cache loin, le déclare volé, porte plainte, fait beaucoup de bruits avec beaucoup de sanglots souvent, et ensuite va le rechercher. Elle a eu ce qu’elle voulait : un objet similaire, quasi semblable sinon mieux. Un portable traçable que nul ne trace. L’invalidité a dit et l’invalidité a été accréditée dans son mensonge. Tant de visages pour une seule maladie ! Tant de symptômes pour elle-seule ! L’incendie et son feu brûlant, la noyade et l’étouffement, le diable est l’autre, pas le soi suspendu au cou. Le double est roi. Décalage entre les deux têtes, l’une visible, l’autre invisible, que l’une d’elles parfois dit qu’elle doit être accrochée à un objet cassé pour lui redonner vie.

Jung avait perçu le mouvement de l’âme qui défaille, pas Freud ni Lacan qui n’ont vu que du sexe dans la tête parce que selon eux la tête ne pense pas mais n’est que l’image d’un utérus ou d’une verge, mais aucun des trois n’avait pensé l’âme comme dissociée d’une réalité triple – la pensée- en ne la voyant que double – corps-sexe et sentiments-sexes. Aucun des trois n’avait vécu avec un porteur de la schizophrénie ne pouvant pas estimer la réalité des vécus passant inaperçus. Certains cas étaient exempts de sexualité car "être la Vierge" excluait cette  possibilité bien qu'ayant un ami d'argent. La maladie n’était plus qu’un mot creux sans expérience vraie, leurrant chacun, assujettie à des traitements stabilisants pour les crises et jamais ne guérissant, car le double aime se balader des uns aux autres tant son invisibilité est grande. Sa joie est immense lorsqu’il abîme celui qui le porte et celui qui vient à aider son porteur. Il est roi, sans maître ni lois. Il joue ; il prend ; il use ; il tue psychologiquement ou physiquement avant de se tuer soi-même lorsqu’une crise est plus intense qu’une autre. Ajoutons humblement qu'il y a autant de personnes schizophrènes  dans la schizophrénie qu'il y d'individualités différents dans le monde ; Il y a des symptômes identiques pour chacun puis ces symptômes évoluent avec l'âge et la personnalité vraie de la personne malade. Ce qui peut donner l'impression authentique de jouer à cache-cache avec ces gens.

Appeler au-secours pour cet autre et n’être pas entendue. La lassitude et aussi parfois la colère prenant notre quotidien comme témoin qui ne peut plus aider au-delà de ce qui a été fait sur quarante-cinq ans. Ne pas mourir usé, non pas d'avoir aidé mais d'avoir été lynchée, jetée, insultée.

La démence a encore de beaux jours devant elle quand manquant de certaines prises en charge et de connaissances physiologiques, car elle est  physiologique avant d'être psychologique puis psychiatrique, agissant en trois temps, ou quand celles-ci arrivent trop tard devant l’inéluctable. Il avait fallu partir, décider de ne pas la revoir, une fois l'appartement  remis en état,  le dossier médical ancien retrouvé et transmis  à son médecin. La sécuriser et se sécuriser.

 

La brume est venue un matin blanc

déposer son drap blême sur son flanc,

et à ses nuits lassées sur le lin, elle court

nappé de nuages tissés de secours.

 

De quelques mots et de quelques douleurs,

elle a annoncé de sa mousseline sa pâleur,

la fin d’un destin, enfin au seuil,

que l’attente  en est terrible pour ce deuil.

 

Caressant la pulpe muette des fleurs

quand l’or du soleil attend son heure,

elle a enveloppé le lointain firmament

d’une opale irisée d’un feu bienveillant.

 

Rose parmi les roses, chardon aussi,

lors de l’étendue de la rosée, tel un glacis,

elle œuvre d’une infinie recouvrance

que sa croyance en Marie en est flagrance.

 

Puis s’étalant parfois sans fin sur la vie,

elle raconte le froid de sa veine trahie,

lui parti, elle arrogante, moi déliée,

aux embruns projetés de l’Allier.

 

Blonde, châtain aussi, double et fragile,

un jour altruiste, l’autre cruelle et en péril,

elle vogue dans l’air, espérant le matin,

qui de retour, s’étourdirait d’humains.

 

 Johann Heinrich Füssli (1741-1825)
La Folie de Kate, 1806-1807
Huile sur toile - 91,8 x 71,5 cm
Francfort-sur-le-Main, Frankfurter Goethe-Haus
Photo : Ursula Edelmann - Artothe

https://www.latribunedelart.com/spip.php?page=docbig&id_document=16713&id_article=4338

https://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Heinrich_F%C3%BCssli

 

 

Clopin-clopant

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

Thyphon

Suspendus aux lèvres du temps hagard

que le très terrestre esprit regarde,

va le nombre mi-conscient, endormi,

s’enliser au fond du mensonge en son lit.

 

L’ennemi n’est point démasqué, va, court.

Son masque rit son grime ravi de son discours.

Celui criant, point n’est blessé mais se prosterne.

Allant clopant, nez coulant, et vous berne.

 

C’est ainsi que les hommes font

quand ils aiment la lie du Typhon.

 

On dit que ; on se tait ; on va où souffle le vent,

belle convention des vanités lors leur temps !

La route est tracée ; le genre humain boite,

si pervers, mais se croyant bon, et l’autre convoite.

 

S’éloigne du genre divin et clopine extrême.

L’ennemi est un autre qui n’est pas son carême.

Ainsi se ronge le sang de mille âmes sans lys

qui n’ont jamais vu une seule rose fleurir.

 

C’est ainsi que les hommes font

quand ils aiment la lie du Typhon

 

C’est l’histoire depuis des siècles l’affirmant.

On tisse ; on tricote ; on coud la misère au firmament

pour que les différences soient assassinées.

L’éloquence décède parce qu’elle est vérité.

 

Attend la loyauté depuis toujours après les drames.

Son vêtement laissé sur l’envers de sa trame

voit les charlatans qui donneraient à croire

qu’il est à l’endroit, et chacun le croit ! Voir !

 

C’est ainsi que les hommes font

quand ils aiment la lie du Typhon.

 

J’ai vu gémir, crier, mentir l’assassin

qui veut de sa patrie, comme autrefois le Sarrazin,

tuez le frère, cet homme ! Puis, libre sans liberté,

déjà il tremble aux Nues tel l’errant dans sa nuit.

 

Le Malin n’est pas toujours où on l’attend de sa lame

mais là où on le voit œuvrant de ses armes.

Il forge le bras en l’habillant de ses tentacules

et la main armée prend pour nom « Haine ».

 

C’est ainsi que les hommes font

quand ils aiment la lie du Typhon.

 

Sur ses cheveux jadis blonds que la mort a blanchi,

la lèvre à peine maudite éclate de rire en son logis,

feignant le sanglot pour qu’on la plaigne.

Va petite ! Ta terre est loin ! Elle saigne.

 

Et le blé continue de fleurir après avoir mûri

si Dieu lui donne le temps de naître appauvri,

car mûrir n’est que le second pas de mourir

dans la folle tragédie que crient leurs rires.

 

C’est ainsi que les hommes font

quand ils aiment la lie du Typhon.

 

Hercule et l'Hydre, vers 1475, Antonio del Pollaiuolo, (Florence, musée des Offices)

 

Le venin et la liberté

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_d%C3%A9livrant_Ang%C3%A9lique

 

Cette ombre rampante, l’avez-vous vue ?

Large et vaste, cernant vos libertés nues

qui n’ont rien demandé en privation lourde,

pourtant acceptée pour une pensée sourde.

 

Qu’avez-vous craint de pertes pour ce choix

qui n’a rien nourri ni abreuvé dans vos peu de foi,

rien offert des attentes espérées en la vérité,

et voilà votre jour qui s’éteint sans charité.

 

Auriez-vous vu un serpent glisser sous vos reins,

que vous auriez été pis effrayé en son sein ;

mais invisible, sans dire son nom néfaste,

votre sens de la majesté, il a piqué faste.

 

Vous n’avez rien vu, moins compris, et triste

êtes-vous, étouffant votre repentir autiste,

ayant tout perdu de votre identité pour un verre

qui vide plie chacun dans l'affolement offert.

 

Avez-vous pensé que votre corps était seul habit,

et que votre esprit a hurlé ce qui jaillit endormi ?

L’âme assoupie a pleuré, étant reniée à son tour,

chevauchant l’amertume des avenirs déjà lourds ?

 

https://www.pinterest.fr/pin/157274211965447086/

 

Pesant le poids de la dette que rachèteront les doux,

Ployez face à chaque être de prudence pour ce coût,

car la terre n’est pas ce monde mort, un être figé,

que vous aurez puni pour un venin cupide arrosé.

 

Arild Rosenkrantz 

https://galerie-drylewicz.com/artists/46-arild-rosenkrantz/

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