Béatrice Lukomski-Joly


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Sept roses, baume de nard, Ô extase !

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Tableau " Sophia et son enfant" 

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Mais quel est ce jour sombre

Arpentant sa rivière, livrant l'Hombre*,

Mes épaules endolories, le poids des bois,

Mes pas lourds. Qui me montre d'un doigt ?

 

Suspendu à ma douleur, trahi pour un denier,

Quelle est cette offense et son figuier,

Ce lent calvaire qu'il faut monter,

Cette robe gênant mes enjambées ?

 

Quel est ce midi qui m'appelle

Pour éblouir ma douce chapelle,

Et ce rêve donné aux soumis

Comme aux plus endurcis ?

 

Moi, la vie baignée de rosée,

Marchant avec peine, les pieds blessés,

Le caillou pour ami, la colline gravie,

Moi, aux douleurs si vives en mon pays.

 

Que faut-il porter de blessures,

Le cœur rougi, fortes voussures,

Pour que mon soleil fleurisse au Soleil,

Et que soleil offre sa lumière à l'éveil !

 

Là, entre mes épaules, vif est le pas,

Je m'enfonce, et je brûle du trépas,

Et je regarde la foule,

Et j'ai peine sous la houle.

 

Là, dans le silence, hurle la vie

Qui attend, donnant son aile bleuie,

Sans faiblesse, sans traîtrise,

Le cœur riche dans la colère de la bise.

 

Je porte vous et moi, l'oiseau et le ver,

La fleur et l'arbre ensemencés en hiver,

Pour abreuver la vigne éclose,

Nourrir ma terre, d'un nectar s'arrose.

 

Mes cheveux ruisselants de parfum,

Mes yeux couverts de thym,

Je vais ensemencer l'avenir,

Dire à tous que j'aime, vous réunir.

 

Et je marche, pauvreté dans les bras,

Le ventre miséreux, et douce aura,

La joie arrimée à mes jours

D'avoir plié pour Son secours.

 

Qui croit m'avoir enseveli,

Les actes satisfaits de l'ordalie,

Fer et souffre, froid et chaud,

Ignore qu'il me couvre de chaux.

 

Et chaux, et sel, envolent la pureté

Sur une aile d'ange, un dôme or est né.

Vois ma colombe voler si haut !

N'ignore pas mon rameau !

 

Jour sombre, heure d'éclipse,

Neuve et douce apocalypse,

Sans m'éclipser, je verse en mon vase

Sept roses, baume de nard, Ô extase !

 

Je vais, même chargé,  sourions !

Ruisseler sur vous de rayons,

Que ne voyez-vous ma colombe

Descendre et voler plus haut !

 

Déposer un baiser sur vos cheveux,

Poser un doigt sur vos lèvres d'aveux,

Et je rayonne, je resplendis, j'aime,

Et j'aime, j'aime, j'aime.

 

Peinture Waldorf

*Hombre ! mot français tombé en totale désuétude signifiant homme et issu de la langue espagnole

 

Voyez l'horizon !

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

victor nozesiewski

 

Quand sur une pierre allongée,

je m’élèverai pour le ciel épouser,

et que les oiseaux chanteront

lors le printemps venu, ils aimeront,

pensez à les nourrir l’hiver

pour que de faim dans l’univers,

point, ils ne meurent de désespoir.

Ô ciboire !

 

Quand sur une marche assise,

j’ornerai les mains qui baptisent,

redonnant à la lumière l’écriture

de leur chant céleste, et ma déchirure,

pensez que rien ne se perd de nos efforts,

et que tout s élève d’aurore

pour que nos pas, ensemble, s’unissent.

S’unissent !

 

Voyez ! Voyez l’horizon !

Tant d’étoiles brillent d’éclat.

Voyez ! Voyez l’horizon !

Tant de sacrifices lui sont donnés.

 

Quand sur une branche, au seuil,

je vivrai assise sur une feuille

et que la nature fleurira d’oraisons

lors les Pâques rappelant nos floraisons,

pensez à l’honorer, son ciel manifeste,

pour que de nos mémoires au narthex,

vous aimiez sans mesure.

Ô bel azur !

 

Quand élevée en mon Bien-Aimé,

mon cœur en le Sien, Un, sublimés,

et qu’en Ses bras, accueillie je suis,

ayant fait beaucoup et pas assez. Ô vie !

pensez Son regard qui nous couronne,

pour qu’en Lui, tout soit glorifié, nous redonne,

vous et moi, L’aimant tel Il nous aime.

Saint Chrême !

 

Voyez ! Voyez l’horizon !

Tant d’étoiles brillent d’éclat.

Voyez ! Voyez l’horizon !

Tant de sacrifices lui sont donnés.

 

Si en moi, assise, debout, couchée,

blessée, usée, levée, et élevée,

vous preniez vos cœurs pour seul combat

en vos esprits que tant je chéris, ici-bas,

d’Amour grandi vous êtes à Son puits,

parce que d’Amour, nous sommes en Lui,

rayonnants et confiants, allant.

Oui ! avec vous marchant.

 

 

Si en vous, assis, debout, couchés,

blessés, usés, levés et élevés,

vous portiez le monde tel un gain,

regardant Sa souffrance en son jardin,

tels nos joyaux en nos esprits mérités

que nous offrons sans rien gagner,

pensez n’avoir vu de moi qu’une étincelle.

Une étincelle !

 

Voyez ! Voyez Son horizon !

Tant d’étoiles brillent d’éclat.

Voyez ! Voyez Son horizon !

Tant d’Amour, il nous donne.

 

 

Là-haut sur la colline

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

 

Illustration  Waldorf

 

Là-haut, sur la colline, flotte une grande voile,

Si solennelle, parfumée de fleurs célestes,

Lorsque soleil vibre, quand nuit l'allume d'étoiles,

À l'aube comme au coucher, à l'est et à l'ouest.

 

C'est, là-haut, sur la colline, ensoleillée,

Étincelante d'aurores métamorphosées,

Et jours s'inclinent admiratifs, éveillés,

Au renouvellement qui a tout sacrifié.

 

Ce chemin, parmi les astres qui accompagnent,

S'éblouit de voir le sacre du soleil. Venir !

Et murmure, sur Ses pas, la force qui gagne

Le courage pris pour Son éclat. L'accueillir !

 

Là-haut, près de moi, resplendit le bel astre

Qui a tout donné de Sa substance pour être ;

Et couronné d'or, touche le feu de Zoroastre

Préparant Sa robe tissée d'enfants et de lettres.

 

Écrivant le nombre de sceaux qu'il nous faut d'heures,

Il tresse le pan des vêtements blancs et dit

L'Amour révélé en la grâce du labeur

Que Ses rayons ont vu des naissances à midi.

 

C'est là-haut sur le mont rubis, après l'éclipse,

Que mages adorent, qu'amers prêtres renient,

Tendant de leurs mains les lettres d'Apocalypse

Qu'ils ont écrites d’Éphèse et de Philadelphie.

 

La grande voile vole aux Nues, majestueuse,

Brodées de roses rouges, d'iris bleus, de lys or,

Quand de l'écho des sphères flamboie, joyeuse,

L'éclat des brebis posant genoux au Mont Tabor.

 

La corbeille d'arômes

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

illustration de Kathy Mahan "La corne d'abondance"

 

Quel est ce gel lavant mes roses, mes vérités,

Au soleil étonné de la vue qui supporte,

Et aux nuits enseignant la Nuit dans sa Clarté,

Que la vue embrasse d'un élan à ma porte ?

 

Quel est ce chemin que prend l'homme déviant ?

Un jour l'ami ; l'autre, l'ennemi ; quelle magie ?

Noire ? Blanche ? que nous cessons d'être le Levant,

Pour une pensée blessée qui n'a vu la bougie ?

 

Que sont ces faux sentiments enlaidissant l'âme,

Et la pureté du ciel lors d'un chant éteint,

Que l'être nie de la bonté venue et blâme

D'opprobres à propos de l'éclat du Matin ?

 

Un arbre se couche par l'orage dévasté ;

Une pierre roule sur le flanc de la montagne ;

Une fleur fane au pré par le suc déserté ;

Un nuage sert sa neige ; la folie le gagne.

 

Quel est ce chant trahi au nom de la pureté

Puisque pureté se dissimule d'outrages,

Et rient de blesser au nom de la liberté,

De la franchise qui détruit le pâturage ?

 

Quel est ce gloussement que j'entends dans l'espace,

Que roulis de l'eau et jet de pierres hâtés

Déversent de flétrissures portant la glace,

Pour une simple joie d'offrir l'entrain broyé ?

 

Quel est ce courant qui n'arrête ses méandres

Dans le flux des marées que la lune soutient,

Et cette joie d'avoir blessé la coriandre

Qui, au jardin, poussait d'embellies avec le thym ?

 

Un oiseau agonise par le rire exprimé ;

Et pourtant, un scarabée vole vers le dôme ;

Un nuage blanc déverse un couffin vernissé,

Et l'or révèle d'en haut sa corbeille d'arômes.

 

Mer et montagne

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

La mer, c'est toujours le même paysage, le même son, le même horizon ; la montagne, c'est mille paysages, mille climats, mille regards, mille bruits, mille lignes, mille couleurs. Vous ne pouvez pas entrer dans la profondeur de l'océan mais vous pouvez entrer dans la profondeur des fôrets de la montagne, de la montagne elle-même, de ses grottes, et quand elle dévoile son horizon, c'est pour mieux vous donner l'horizon qui suit, et ce, indéfinement...

Je n'ai jamais aimé que la montagne.

La mer, c'est la progression horizontale alors que la montagne oblige à l'élévation du regard, la verticale, et par là à l'élévation spirituelle.  La mer, aussi eau légère semble-t-elle être n'est que pesanteur alors que la montagne aussi lourde semble-t-elle être n'est que légèreté.

La mer, jamais, ne prévient lorsqu'elle décide de déclencher sa vague tsunami ; silencieuse avance-t-elle, le son de sa gestation émergeant des profondeurs.

La montagne, toujours, annonce, sa colère avant de chuter, dans un roulis de neige ou dans une cascade de pierres, son bruissement étant annoncé par la musique de l'air. 

BL

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