Béatrice Lukomski-Joly


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Une larme

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Auteurs inconnus

 

C’est une larme,

transparente,

presque ronde,

ovale.

 

Une larme

venue d’on ne sait où,

d’un œil

probablement.

 

D’une peine

assurément.

Tant à dire,

a-t-elle.

 

Tant à dire

sans rien dire,

simplement être

une larme.

 

Invisible de l’âme

née impromptue ;

s’invite en nous

sans avoir été invitée.

 

Une larme,

ça a de nombreux noms,

sauf celui de larme,

elle est larme.

 

Tristesse,

joie,

vie,

mort.

 

Trahison,

misère,

confiance,

sont ces noms.

 

Une larme

se baptise de sel

quand elle naît

d’une eau vive.

 

Baptisant

toutes les douleurs

toutes les joies,

elle roule

sur une joue.

 

Ronde ou ovale,

jamais elle ne blesse

car née de la blessure,

née de l’oubli.

 

Née pour pleurer,

pour être,

pour rire,

pour oublier.

 

Si tu le veux,

si tu le peux,

née pour libérer,

si tu le peux.

 

C’est une larme,

rien qu’une larme

qui ne dit rien,

ne dira rien.

Être une larme,

ce n’est pas triste,

la larme n’a pas mal,

elle est larme.

 

Tombée sur une rose,

la rose abreuvée

grandit, croît,

se multiplie.

 

Tombent ses pétales,

fanés d’avoir vécu,

d’avoir été trop arrosés,

par tous les temps.

 

Larme est morte,

rose aussi.

Comptine s’en va,

rejoignant sa tombe.

 

C’était une larme,

transparente,

presque ronde,

ovale.

 

C’était la parole

de l’ange

venu invisible

dire avec nous son émoi.

 

Quand la vérité dérange, le mensonge prend sa place.

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

Enlever le masque ©Getty - Mrs

Quand la vérité dérange, le mensonge prend sa place.

Il en est ainsi depuis que le monde est monde.

Chaque âme possède cette faculté à mentir. 

Savent-ils qu'aussi petit ou grand que soit le mensonge, il impacte le monde et le conduit à sa perte ?

La pensée du mensonge est une commère qui  détruit l'âme le proférant et non pas détruit le monde malgré qu'il le conduise à sa perte. Car il engendre les guerres dont nul ne comprend l'origine, dévastatrice et haineuse du genre humain, sans que les guerres n'aient une place dans la durée.

Le flocon de neige engendre la boule de neige que lorsqu'elle a été façonnée par l'homme. Jamais la nature en elle-même ne crée la boule de neige. Ainsi en est-il du mensonge. Il rencontre dans l'invisible  la somme des mensonges proférés et grossit jusqu'à ce qu'il soit à l'origine d'une guerre,  Le monde n'a pas créé la guerre, ce sont les mensonges des hommes qui leur donnent "vie" dans la mort qu'il ont voulu.

Le mensonge a toujours  son bourgeon dans l'orgueil de soi et le fruit de l'orgueil est la dévastation.

Car chacun des mensonges crée partout dans le monde le désastre avant de faire mal à celui à qui vous  mentez en espérant le détruire pour votre orgueil..
 

Bienheureux est celui qui a appris du mensonge pour ne plus jamais mentir pas même  du plus insignifiant, de celui qui ment - dit-on - pour faire le bien, et être acteur de paix, car l'humilité en la mort  de l'orgueil est beauté et amour.

N'aime pas l'autre ni le monde  celui qui ment. Il n'aime que soi-même.

Voulez-vous la paix en ce monde, ne mentez plus.

BLJ

Illustration du mensonge par 

https://www.artmajeur.com/marie-aufrere/fr/artworks/10348729/mensonge-1-jpg

de https://www.artmajeur.com/marie-aufrere

La vieille dame et l'enfant

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

Je suis allée me promener.

J’ai rencontré une petite fille.

Elle n’avait de cesse de se balancer,

dans les arbres, dans son lit,

une poupée dans les bras.

 

Je lui ai dit : « Bonjour !

Comment vas-tu ?

Il y a si longtemps

que je ne t’ai vue !

Tu n’as pas vieilli.

Quel âge as-tu ?

 

Elle m’a regardée, étrangement.

Puis, elle a répondu :

« Je ne sais pas.

Je n’ai pas d’âge.

Et toi ?

Quel âge as-tu ? »

 

Je l’ai regardée,

tout aussi étrangement.

Elle avait des petits yeux,

soucieux et songeurs,

des cheveux sans forme

comme un lutin qui se lève

après avoir dormi des siècles.

 

Je n’ai pas osé lui dire mon âge,

car en fait, je l’ignore,

je ne le sais pas,

pas plus qu’elle.

Je lui ai dit

que comme elle,

j’étais sans âge

parce que jeune et vieille,

depuis toujours.

 

C'était étrange.

Sa voix porta ces mots :

" Se pourrait-il que tu sois moi 

quand je suis vieille dame ?"

Ma voix porta les mêmes mots :

" Se pourrait-il que je sois toi,

toi, Ô ! disparue de mes jours ?"

 

Elle a pris ma main,

disant : « Viens, je t’emmène vers demain. »

Je lui ai répondu que je ne le souhaitais pas,

que demain était tissé de passé

et qu’il fallait laisser le passer devant.

Car c’était sa place

si nous voulions avoir un autre passé.

 

Elle m’a encore regardée ;

doucement, elle s’est posée sur ma joue.

J’ai frissonné comme la brise,

au matin, lors d’un lever de neige.

Elle a dit :

« Pourquoi, trembles-tu ?

Fait-il froid ?

Je ne ressens rien.

Ta joue est chaude ;

c’est un coussin d’été.

Je reste là, avec toi.

On ne se quitte pas, n’est-ce pas ? »

 

J’ai pris sa main,

l’ai portée vers demain ;

elle ne le voulait pas,

moi, guère plus.

Il faisait froid,

Il gelait si fort.

Demain attendait le passé.

Le passé n’a rien dit,

pas même murmuré un son.

 

Blanche comme neige était sa bouche.

Et la mienne.

Bleu comme l’azur étaient ses doigts.

Et les miens.

Rouges étaient ses pieds nus.

Pareils aux miens.

Cristal était ses prunelles lilas.

Comme les miennes.

 

Nous nous sommes regardées,

fixement,

puis blotties l’une contre l’autre,

tendrement.

Elle a montré son étoile

dans le ciel,

je lui ai montré la mienne.

« Vois-tu, c’est mon âge ! »

Avons-nous dit ensemble.

 

Nous nous sommes regardées.

Le passé nous a soulevés de ses bras

et vers le monde nous a portées.

 

Quel monde ? Ai-je dit ?

Elle a répondu :

« Viens, la mort nous attend.

C’est fini.

C’est bien.

Nous avons fait un long chemin,

toi et moi unies.

 

Quel âge as-tu ?

Comment ?

Ne le sais-tu pas ?

....................

................................

 

Les deux derniers vers, ou la chute du poème dans mon prochain livre de poèmes à paraître :

"Le diadème des offrandes"

Veillez !

 

tableaux de Victor Nizovtsev 

Le déchirement

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

https://www.flickr.com/photos/61084932@N07/5565031933/

 

C’est une douleur,

un déchirement,

un vaste tourment,

un malaise, un supplice,

une torture,

l’âme souffre.

 

C’est un vide abyssal,

un martyr,

une plaie,

une morsure,

une mort,

l’âme part.

 

C’est une crucifixion,

un chemin de souffrance,

une ecchymose,

noire comme l’orage,

sombre telle la nuit,

nuit sans lumière.

 

C’est une gifle,

une immense blessure,

un choc violent,

une attaque,

un outrage,

j’ai si mal.

 

Photo libre de droits

 

L'obscurité des évènements, et la poésie

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

Celui qui ne ferait que plonger dans l'obscurité des évènements de ce monde, sans prendre, au moins, une heure par jour pour lire et vivre de la poésie, celui-là se condamne à la maladie, tant physique que psychique, n'ayant plus d'ancrage en son âme, quand bien même, croit-il pouvoir échapper à l'ombre agissante, quand bien même croît-il rester indemne.

BLJ

 

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