Béatrice Lukomski-Joly


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"L'HISTOIRE ? UNE FABLE CONVENUE "de  RUDOLF STEINER : « J'ai souvent attiré l'attention sur le fait que si un jour, à l'avenir, on écrit l'histoire on ne pourra pas employer la méthode qui a abouti à ce conte, à cette légende – comment l'appeler ? – que l'on désigne actuellement du nom d'histoire. Cette « Histoire », des érudits – ainsi les qualifie le monde – sont restés des mois, des années, des décennies dans les bibliothèques à étudier des documents diplomatiques pour l'écrire. Il faudra que le temps vienne où la plus grande partie de l'histoire confectionnée de cette façon sera bonne à mettre au rebut. » (R.Steiner, La Chute des esprits des ténèbres, 1ère conférence)

Blanche

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Blanche est partie en septembre

laissant vide son trône de novembre

sans avoir su qu’elle était Blanche

car née d’une ancienne branche.

 

La noblesse sacrifiée avec ses privilèges,

pourtant profondément liée à son siège,

sa nouvelle chaire entourée de deux,

elle n’a pas vu l’ancien sceptre des adieux.

 

Sans plus de monarchie, mais de règne élu,

elle a pu unir les gueux aux Preux invaincus,

souvent leurs intimant de partir sans vaillance,

car née d’une récente nouvelle alliance.

 

Du visage, les traits identiques, elle était nue.

De sa personnalité de fer, elle était revenue.

Aujourd’hui épousant son ciel sans foi

alors que de foi elle avait vécu de son roi.

 

Blanche est morte pour la seconde fois.

Avant de Castille, bourguignonne en ses lois,

Gouverner est ardu quand née simple élue.

Sans père sur le trône ni fils Saint Élu.

 

Sur le parvis, les gueux refluent sans ombrage,

et de la cathédrale, revoient le beau mariage

qui n’a laissé aucun souvenir en sa mémoire,

car elle ne sut pas qu’elle était Blanche.

 

Son adoré fils en cette vie, elle n'a jamais revu,

car lui avait choisi les gueux pour revivre in-situ,

sans qu'elle ne sache qu'il était de proximité,

Non loin d'elle, la regardant de l'avenir au passé.

 

 

24 septembre 2022

Clopin-clopant

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Thyphon

Suspendus aux lèvres du temps hagard

que le très terrestre esprit regarde,

va le nombre mi-conscient, endormi,

s’enliser au fond du mensonge en son lit.

 

L’ennemi n’est point démasqué, va, court.

Son masque rit son grime ravi de son discours.

Celui criant, point n’est blessé mais se prosterne.

Allant clopant, nez coulant, et vous berne.

 

C’est ainsi que les hommes font

quand ils aiment la lie du Typhon.

 

On dit que ; on se tait ; on va où souffle le vent,

belle convention des vanités lors leur temps !

La route est tracée ; le genre humain boite,

si pervers, mais se croyant bon, et l’autre convoite.

 

S’éloigne du genre divin et clopine extrême.

L’ennemi est un autre qui n’est pas son carême.

Ainsi se ronge le sang de mille âmes sans lys

qui n’ont jamais vu une seule rose fleurir.

 

C’est ainsi que les hommes font

quand ils aiment la lie du Typhon

 

C’est l’histoire depuis des siècles l’affirmant.

On tisse ; on tricote ; on coud la misère au firmament

pour que les différences soient assassinées.

L’éloquence décède parce qu’elle est vérité.

 

Attend la loyauté depuis toujours après les drames.

Son vêtement laissé sur l’envers de sa trame

voit les charlatans qui donneraient à croire

qu’il est à l’endroit, et chacun le croit ! Voir !

 

C’est ainsi que les hommes font

quand ils aiment la lie du Typhon.

 

J’ai vu gémir, crier, mentir l’assassin

qui veut de sa patrie, comme autrefois le Sarrazin,

tuez le frère, cet homme ! Puis, libre sans liberté,

déjà il tremble aux Nues tel l’errant dans sa nuit.

 

Le Malin n’est pas toujours où on l’attend de sa lame

mais là où on le voit œuvrant de ses armes.

Il forge le bras en l’habillant de ses tentacules

et la main armée prend pour nom « Haine ».

 

C’est ainsi que les hommes font

quand ils aiment la lie du Typhon.

 

Sur ses cheveux jadis blonds que la mort a blanchi,

la lèvre à peine maudite éclate de rire en son logis,

feignant le sanglot pour qu’on la plaigne.

Va petite ! Ta terre est loin ! Elle saigne.

 

Et le blé continue de fleurir après avoir mûri

si Dieu lui donne le temps de naître appauvri,

car mûrir n’est que le second pas de mourir

dans la folle tragédie que crient leurs rires.

 

C’est ainsi que les hommes font

quand ils aiment la lie du Typhon.

 

Hercule et l'Hydre, vers 1475, Antonio del Pollaiuolo, (Florence, musée des Offices)

 

Louis IX et Thomas d'Aquinois

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"Thomas à la table de louis IX " de Niklaus Manuel

https://fr.wikipedia.org/wiki/Niklaus_Manuel

 

Plus haut, toujours plus haut, en Ciel aller,

de force et de courage, vif de prêches avisés,

cependant la terre comme écrin et parure,

le sable brûlant, la volonté en chausses dures.

 

Souviens-toi, Louis, du moine d’Aquinois

qui à notre table ne voulut pas flatter l’eau,

disant qu’il fallait boire du fruit de la vigne

car terre est le lieu et le but pour l’esprit !

 

Rappelant les Noces de Cana, Louis répondit :

Si nous ne noyons pas le vin d’eau, pardi !

Hardis ne serons-nous pas autant que sans,

car vin fut son temps et devons garder le sang.

 

Certes ! dit-il, venu de Sainte-Geneviève-des-Bois,

qui de sa robe ample balayait les pieds du Roi

et ne sut pas que devant la couronne, il était ;

l’apprenant par Jehan ; dit que rien n’y changeait.

 

Le saint Roi l’écoutait avec humilité et pudeur.

Ainsi fit Jehan à la même table, sobre et d’ardeur,

recevant les saintes paroles. Dites, Frère !

Nous vous oyons avant d’aller pour sainte terre.

 

Roi s’enquit si mission était juste, si combattre

pour le Sépulcre en la foi plaisait au pâtre.

Thomas, fronça les sourcils, auguste et grave :

Il le faut mon Sire ; partez ! libérer en braves.

 

Ainsi furent la table et les paroles de Thomas ,

Loïs et Jehan écoutant, l’un frugal servant l’Alpha

l’autre, gourmet, servant l’Oméga ; réunir enfin foi,

science, gnose, pour aimer, servir, le Christ-Roi.

 

Ce fut avant de prendre la Montjoye.

 

https://www.auction.fr/_fr/lot/bartolomeo-degli-erri-saint-thomas-d-aquin-a-la-table-du-roi-saint-louis-suite1-785078

Saint Louis

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" Saint Louis" Pastel sec de Béatrice Lukomski-Joly

 

Lors la nuit venant, les yeux harassés,

S'allume l'astre de la mémoire d'autrefois ;

Et vient tranquille la beauté de mon Roy,

Chevauchant sa monture d'argent harnachée.

 

L'avez-vous vu mettre debout son destrier,

Levant sa bannière auréolée d'une croix ?

Qu'encore émerveillé, j'entends sa voix

Dire la volonté des hommes de destinée.

 

Debout sur ses étriers, la cape bleu, le lys d'or,

Flottant d'un vent le tenant devant le ciel levant,

Je le vois de son sourire empreint d'amour semant,

Témoigner de sa foi, conduisant l'homme fort.

 

Fait que Joinville ne dit pas, souffrant le combat,

Tut de ses mémoires, car nul n'aurait compris :

Le saint Roy lavait les pieds de l'ennemi pris,

Adorant le Christ pour qu'en lui, il le racontât.

 

Tout se disait dans les rangs rivaux d'autres corpus ;

"Ce Roy soigne un blessé et le renvoie chez lui,

Si  l'épée n'a pas brisé ses membres par Louis,

Afin qu'il soit dit que son combat est juste."

 

Va ! témoigne que Roy de France aime l'Homme,

Pour sa cause, rendre grâce au saint tombeau.

Si feu grégeois vole sur le camp, c'est son manteau

Pleurant l'amère déconvenue qui se nomme.

 

Des faits relatés pour sa sainte parole,

Lorsque prisonnier fut-il fait avec Joinville Sire,

Partageant la même grotte dans la roche saphir,

Il pria pour l'opposant qui fêtait ses paraboles.

 

Joinville, eut-il peur, qu'il mandât le trésor du Temple,

Pour aimer son vénérable afin qu'il fut libre,

Obligeant l'amour d'être enfin contre l'hydre.

Roy et Sire  furent aimés pour leur foi d'exemple.

 

Il fut dit sur la montagne que Roy était juste

Mais devait repartir, Marguerite allaitant,

Lui, jurant qu'aucun mal ne lui serait fait céans,

Pour ceux qu'il avait soignés malgré le campus.

 

Il dit « Je ne combats pas l'homme, mais la cause,

Pour qu'Hommes entendent. » ; le dit sous la tente

Tendue de riches étoffes, les mets pour détente,

Et offrit au Sire ses joyaux pour la Gnose.

 

Ce que Joinville n'écrivit pas par soustraction d'évènements qui n'auraient pas été compris est dit.

 

 

De vie en vie

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Photo personnelle

 

Dans une vie antérieure, en 1222, apprenez que je fus,

Entre une vie de chevalier sous saint Louis, je fus,

Et une autre vie vouée à l'écriture en sérénité,

Sire de Joinville, je demeure pour l'éternité.

 

Mon bateau me portât jusqu'en terre sainte.

Dans l'enceinte des complaintes du temps, j'ouïs les plaintes.

Jamais je ne vis plus charmants êtres que ceux qui me reçurent,

Ni d'autres, refusant certains combats qui leur déplurent.

 

Je débutais, là, l'étude précieuse de la science spirituelle

Que j'acquis en pays loin, chevalier renégat aux querelles.

Je combattis, non pas l'homme, mais l'école de Gundishapur,

Refusant la venue de cette science de basse-cour.

 

Ahriman édifiait la cécité sur la future âme de conscience,

Pour anoblir sa volonté matérialiste bien avant l'heure ;

Les brillants minarets devinrent des cimeterres de jugement

Que Lucifer dut contrecarrer pour son propre mouvement.

 

Le concile de 869 m'était une plaie que je devais panser ;

La négation de l'Esprit me fut un outrage que je dus penser.

Mes frères rachetant le Saint Tombeau implorèrent le ciel.

Les croisades contre l'établissement de l'an 666 carentiel.

 

Ils ne surent pas que le Graal n'était pas que vase matériel,

Qui en leurs âmes, espère la juste question spirituelle.

Ils se battirent pour un royaume céleste méconnu,

Volontaires pour bien faire dans leurs esprits encore nus.

 

Revenu en ma terre natale, la grande Champagne d'alors,

Parcourant le provinois du grand Thibault, mon seignor,

Frère du roy me fit traiter en perfide infidèle,

Pour avoir mander le saint trésor pour libérer mon roy fidèle.

 

Terré dans les marais, dissimulé dans les longs souterrains,

Je passais ma vie à me soustraire aux autorités d'airain,*

Préférant ce calvaire à la prison qui aurait attesté, fragile,

L'étrange loi affirmant l'homme comme suie de méfiance vile.

 

Le bel ami, prince de Syrie, devint en autre vie, mon père.

Je l’honorais dans le don qui offre la joie de lire des vers.

Sous mes yeux tendit la reliure du Faust qu'en moi il reconnut ;

Celui qui cherche et trouve du sang le message convenu.

 

Devenus amis, de vie en vie, nous nous retrouvâmes pour accomplir,

La certitude acquise de l'immanquable béatitude pour anoblir.

Nous fûmes tour à tour, juifs, athées, musulmans puis chrétiens,

Homme ou femme selon nos besoins depuis le règne païen.

 

De vie en vie, riche, pauvre, heureux, malheureux, confondus,

Nous vécûmes les combats, l'un dans l'autre fondus.

Les âges de paix d’initiation que donna le monde

Sentirent l'élan que nos vies, toujours, sondent.

 

Fut-ce présents sur le chemin de Damas, loin après le Krach,

Que nous décidâmes ne plus jamais considérer aucune attaque

contre l'homme, notre égal, ne plus se méprendre à le haïr,

S'avouer aussi imparfaits qu'eux, pour enfin bénir.

 

Nous devînmes citoyens du monde qui s'ornait de couleurs

Pour nos consciences naissantes, fragiles de douleurs ;

Nous comprîmes que nos acquis traversaient les époques.

Rien ne se perd de ce que nous avons en nos âmes, réuni ad-hoc.

 

 

* Philippe le Bel : Joinville connut de son vivant 6 rois régnant mais toute sa vie ne resta fidèle qu'à un seul sur le plan moral et politique : Louis  IX

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Joinville

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