Béatrice Lukomski-Joly


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Les oiseaux

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

LES OISEAUX DE L'HIVER

 

 

Bientôt, nous reverrons les soleils flamboyants

Qu'hivers enfantent, en prenant leur temps,

Et de février, qu'arbres alanguis attendent,

Les joyaux de l'été préparent leurs offrandes.


Rien ne ressemble plus aux ténèbres, rien !

Que mars a voulu sans discorde, ni vêpres ; rien !

Quand de nos pas nous avons foulé son sol,

Nous, les égarés insensés, enfin voyons les lucioles !


Février rend à l'hiver le cœur de son règne,

Honorant sa parole d'une plume de paon qui se baigne.

Un nuage grisé-bleu se dissout sans laisser d'ombre

Et dans sa lumière, nous révèle sa pénombre.


Être au cœur de sa royauté  ! Vivre au Panthéon  !

Sur son trône puissant, il va de claires visions

Que les oiseaux absorbent du vert rameau,

Révélant enfin le secret des blancs manteaux.

 


 

Âmes délaissées, promeneurs livides, badauds !

Que ne voyez-vous la parure des blancs crédos

Que ruisseaux chantent, soirs et matins, nuits et jours,

Sans lassitude, sans trahison aux ailes de leurs atours.


Et février a murmuré à l'hiver, son solstice accompli,

Et février a dit à la colombe de commencer son nid.

 

Sans témoin, sinon le temps qui le secourt sous sa terre,

Il a dit sa flamme vive, son solstice d'été dans l'éther !


Quand l'hiver est venu, sombre, pourtant de lumière,

Quel oiseau a chanté la naissance de sa neige ouvrière ?

A-t-il manqué de grains que ciel offre en abondance ?

A-t-il cessé de fredonner les levers du matin d'alliance ?

 

 


Vous dirais-je l'heure de leur plain-chant dans la nuit 

Quand toujours abrités de soleil, ils chantent à minuit,

Et qu'au Phoenix ils inclinent solennellement la tête

Une heure avant que l'émeraude ourle l'horizon des poètes ?

 

Et le vent a pris sa trompette pour jouer son février.

Aux langueurs des retours du printemps des fées,

Il a entamé la symphonie des seuils mesurés

Que les arbres ont vu de leurs bras levés, transfigurés.


Que viennent les soleils flamboyants, demain, signes,

Parce que je les aurais vus portés par les blancs cygnes

Qui auront reçu la métamorphose d'un des leurs en Phoenix.

Et février adore ses étoiles pour la venue de son hélix.


Et la mort que l'hiver aimerait faire croire outrage et abus

N'est plus qu'une confusion qu'hommes n'ont pas crue,

Car de parole d'oiseau en plein vol, l'ange a bu la vie

Sans qu'un battement d'ailes n'ait révélé sa philosophie.

 

 


Bénissons maître hiver qui point n'a de grisaille,

Quand son froid enveloppe nos étés d'épousailles !

Sans hiver, point d'été ; sans été, point d'hiver !

Comme j'aime février annonçant le chant des piverts !


Les oiseaux de février s'en sont doucement allés,

Libres dans le vent, libres dans le bois de nos allées ,

Laissant leurs vols aux branches que le temps broie,

Sans que bourgeons n'aient à souffrir du froid.

 

 

 

LES OISEAUX DE PÂQUES


Les oiseaux de mars ont vu les abeilles se réveiller

Quand d'avril, ils ont rappelé à la vie les fleurs de cerisiers.

Naître ! des saisons pour aimer à l'infini le printemps !

Mars n'a pas fait ombrage à l'hiver, ni au temps.


Voilà qu'ils sont à l'âme la fleur des renouveaux !

Voilà que la terre s'éveille au printemps des oiseaux !

Voilà que le ciel dit au monde sa ferveur des nuances !

Voilà le chant de la terre que le soleil crée de confiance !


Il n'y eut que la chrysalide des papillons pour bénir.

Éclosion des verts babils au chœur des natures ! Éblouir !

Les oiseaux d'avril ont reçu, des ailes de l'hiver,

Le sein des étoiles qui n'a pas eu à rougir du calvaire.

Les bras pleins des bouquets qui adviennent, recueillis,

Parce que seuls les oiseaux parlent la langue de l'Esprit,

Ils ont témoigné des ruisseaux désaltérant les cœurs ouverts,

Quand la terre engrange la chaleur de la vie. Et roses révèlent l'hiver !

 

 


 

La mélodie naît des oiseaux quand encore mai se terre,

Ne révélant des lèvres que ses célestes mystères,

Quand le roulis des pierres sous le ruisseau chante l'ombe,

Des gaîtés ardentes, adorant du chant, sa colombe.


Dort ma terre ! au grand repos se sacrifie l'été

Que les oiseaux de l'an révèlent à mots cachés.

Lève-toi ma terre ! au grand lever des naissances

Que mai apprend de ses plumes, je suis l'encens.


Et si au matin du terrible crépuscule dans la nuit,

J'ai levé le voile des cauchemars pour sa vie,

Il s'est  évanoui pour regarder l'Amour.

Je me suis  relevée  à la volonté des oiseaux à l'entour.


Couchée, glacée du soir au matin, tout le jour,

Inanimée, la vie inhabitée, sans grâce, ni secours,

J'ai adoré les oiseaux,  et les anges ont étendu leurs ailes,

Assurés du beau retour qu'ils ont remis entre mes mains.

 


 

J'ai parlé la langue des oiseaux, les mains en offrande,

Le cœur offert à la blancheur du cygne que veut le goéland,

Éloignant le dernier soupir pour, à nouveau, son inspir

Qu'elle a revêtu de sa coiffe à la lumière sans mourir.


Elle a, alors, écrit en lettres de feu le langage des Anges,

Elle, elle qui les a priés toute sa vie, les devinant partage,

Sans qu'elle ne les ai vus recueillis par-dessus sa tête couronnée

Et cependant nimbée de lumière que mai a dessiné du Fils né.


Les oiseaux de Pâques ont révélé, du chant le plus mélodieux,

Toute la sagesse antique transformée par le suaire-Dieu

Que Gaïa aime pour son saint Graal établi à jamais.

Ainsi parlent les oiseaux en ciel blond de mai.

 

 

 

LES OISEAUX DU PRINTEMPS

 

Les hirondelles de mai ont bâti leur maison de paille,

Les plumes frissonnantes, l'or dans les yeux en intailles.

Je me souviens encore de leurs regards de miel,

Au mien, dévoués, leur duvet pour ma capeline de ciel.


Dans leur nid je repose, sculptant la blanche rose

Qu'élisant hôtesse de leur prose, je marie et arrose.

Elles ont appelé les oiseaux de juin qu'aime avril.

Ils m'ont trouvé mignonne en leur nid Théophile.


Je leur ai dit « Si Richard vous aimez de Parsifal,

Si frémir de notes à l'abri de ma mémoire triomphale,

Si des heures de joie et de prière, vous m'adorez,

Je ferai de votre demeure, mon salon épistolier.


Vos maisons tressées d'amour seront ma voie

Que larmes ne terniront pas en notre joie.

L'une d'elle, riche d'airelles rouges cueillies,

Offre son duvet à mon entendement embelli.

 


 

Il laisse son chant clamer la symphonie des flûtes et des violons,

Il répond du chant le plus mélodieux aux vallons :

«  Si de nos regards d'oiseaux heureux en plein vol,

Tu prends le ciel éclatant en nos ailes bénévoles,

Si à nos petits, tu offres l'abondance du petit grain

Et du vermisseau, que Dieu conçoit, aime le levain,

Tu embrasses le cœur du rayon qui brille dans le don

Et t'offrons d'abri, nos nids d'éteule pour pardon.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Es-tu assez sage pour habiter notre lit de chaume ?

Douce pour adorer les lèvres du soleil qui embaument ?

Nous secourent, en nos becs acérés, la justice,

Qu'avec la colombe d'avril berçons d'accueil au calice ?


Ô fruit des bâtisseurs qui t'observe de notre fenêtre 

Soit le vol des jours vers nos ailes mi-ciel, mi-terrestres !

 

- Mais quelle fenêtre à ma noble voix, amie,

Si nous ne partageons ensemble le même abri ?

 

Une seule vitre de lumière nous sépare.

Je ne sais qui de nous a choisi l'autre et le prépare,

Vous, dans votre certitude que je vous aime de vérités

Où moi dans l'évidence que vous m'aimez de sincérité ? 


Nous t'avons abandonné à la rose, et la rose te choisit.

Sois digne car nulle rose n'aime la flagornerie. »

 

Petites hirondelles naissent des amours du ciel

Qu'esprit  berce ; et leur mère les donne, providentielles.


Dans mon logis, elles peuvent s'y blottir, confiantes.

J'entends le chant des hirondelles en louanges riantes,

Que l'éclat de l'amour à ma fenêtre abrite.

Proches des hommes, leur symphonie palpite.


Les hirondelles de mai ont dit aux oiseaux de Pâques

De bénir la rose déposée à mes pieds, pour la saint Jacques.

Elles ont écrit en lettres de feu le langage des Anges,

Elles, qui les ont priés toute leur vie, les devinant partage.
 

M'ont-elles vu recueillie au-dessus de leurs têtes couronnées

Nimbées de lumière que mai dessine de son Fils né ?

Les oiseaux ont révélé du chant le plus mélodieux,

Toute la sagesse antique transformée par le suaire-Dieu.


Noble cadeau de la vie à mes tristesses sans fin

Lorsqu'elles observent de ma mélancolie, son parfum.

L'une, missionnaire, cogne de son bec à ma vitre

Et soupire de ne me voir lever les yeux de mon pupitre.


Au-dessus des nuages, des pluies, des saules élégants,

Elles virevoltent, papillonnent, psalmodient, céans,

L'air des dimanches que messe, avec pudeur,

Me raconte dans mes os meurtris des durs labeurs.


Me donnent-elles le courage, quand vacillante,

Amicales à mon âme sacrifiée, elles chantent,

Que leur fidèle présence m'est un doux serment.

« Souviens-toi ! » disent-elles à l'heure du tourment.

 

Petit bec cogne encore et encore à ma vitre vagabonde,

Réclamant ma vaillance jusqu'à ce que je réponde.

Et que vois-je ? Hirondelles à mon regard damassé,

Plantant l'aiguille du courage en mon corps lassé.

 

 

 

LES OISEAUX DE L'ETE


Vont-elles exhorter les cygnes quand priant d'amour

Elles me tissent un lit de plumes de leur sourire à l'entour,

Et que derrière écueils acérés et vastes soupirs,

Elles filent de laurier la vie et la nimbe d'un demi-soupir.


Heureuses sont-elles de toujours me troubler d'ellipses

Quand ma plénitude déserte, quand ma joie s'éclipse,

Quand rêverie me faiblit, quand spleen m'endolorit,

Ce qu'à Weimar j'ai laissé de beautés et d'harmonie.


Oh ! m'offrez-vous les fleurs et les épis de la vie

Que j'invite encore tout le prestige des lys sur l'Ilm

Que mes cygnes aux rives de ma rivière ondulante

Chantent avec elles l'incroyable guérison sibilante!

 


 

Cygnes s'étourdissent à danser avec les gorge-bleus

Par delà les étoiles, par delà les nues bleues,

Prenant de mes hirondelles l'habit sombre des jours

Qui ont trouvé en mes belles-de-jour, l'amour.


Oh ! que je voudrais être leur vol léger à ma lèvre

Qui de rien ne se soucie quand l'épi de seigle se lève,

Quand mes chats à ma fenêtre guettent leur vol épris

Que jamais elles ne craignent pour rester mes amies.


Souvent hirondelles, à ma fenêtre se lèvent

Dansant chorégraphies que mes cygnes rêvent.

Aux berges de ma rivière d'Yonne se relèvent

Dansant les renouveaux que mes vies réclament d'Eve.

 

 

 

LES OISEAUX D'AUTOMNE


Puis les oiseaux de l'été ont joyeusement déserté,

Laissant tristes ma maison et mes fenêtres,

Inoccupées, abandonnées, le chant inhabité,

Me sacrifiant orpheline à leurs belles-lettres.,

 

Ils sont partis. Ont-ils frappé, hier, au carreau

Que leur au-revoir mélancolique m'a blessé,

Et de leurs ailes revêtues de noirs boléros,

M'ont dit leur long voyage vers le retour de l'été.


Est-il plus céleste accord que l'adieu d'une plume

Qui, laissant sa plainte sur la margelle blanche,

Clame sa félicité d'avoir eu pour amie la brume

Au matin du grand partir pour une âme franche ?


Est-il plus amère chanson que l'oiseau envolé

Qui, clamant son retour après l'hiver achevé,

N'est pas assuré de nous revoir, son vol inachevé,

Comme d'une volonté d'offrir encore son ballet ?


De leurs petits becs, de leurs beaux yeux de jais,

Ils ont supplié de leur mémoire ancrée à ma vitre,

Le geste du gardien à leurs nids de terre douillets

Toute la joie de l'attente des nuits à mon pupitre.


Les oiseaux de l'été ont laissé leurs maisons tristes

Et désertes sous les pluies balayant leurs duvets

Que mes doigts ont caressés, quand mélodistes,

Ils ont crié leur exode dans les étoiles bleutées.

 

 


 

Ibiza et les hirondelles

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

 

 

Anecdote humoristique, histoire de chats.

 

C'est un chat , que dis-je ? Une chatte ! Elle a pour nom Ibiza de l'Empire Ottoman, angora turc.

Belle car d'un blanc immaculé. Elle vient à mon bureau et là, s'assied, voulant m'apitoyer de longs miaulements languissants, son regard planté dans le mien.

Je la regarde, ponctuant d'un claquement de lèvres, un baiser que je dépose sur son nez humide. Elle semble contente et semble penser qu'enfin j'ai compris ce qu'elle veut, il est vrai, et désespère de me voir, finalement, immobile à son souhait !

Quant à un saut hasardé de mon pupitre à la petite table posée devant ma fenêtre où autres chats se reposent, semble-t-il ! cependant réellement à l'affût de tout ce qui bouge, disons mieux, vole, ils attendent patiemment mon geste d'ouverture à leur volonté téméraire et patientent, tout en me pensant bien ingrate de ne pas concéder, d'un iota, une tolérance à leur patience légendaire !

« Ciel ! Un poète en cette maison ! » me raconte-t-elle, « Quand bougeras-tu de cette satanée table pour accéder à mon désir ?  Ouvre cette fenêtre !" Implore-t-elle en vérité. 

C'est donc harcelée que je suis de sa témérité sans faille. J'ai beau lui rappeler que le harcèlement est contraire à la bienséance et à la loi, elle n'en fait cure car pas de loi humaine pour mœurs animales ! Elle me maudirait presque et revient sans surmenage à la charge, persuadée que je vais, un jour, céder.

Que nenni ! Point de faiblesse à mon sang-froid car il en faut face à une volonté de chatte sans fêlure !

« Tu n'écriras pas aujourd'hui ! J'ai décidé de t'embêter ( c'est bien là le mot juste embêter ! ) et puisque tu ne veux pas comprendre ce que mon roucoulement de miaulement signifie, je vais te le montrer très clairement ! » . Elle se met alors à claquer des dents, les mâchoires si alertes, qu'elle décide aussitôt de me montrer le fond de sa gorge en mal d'un festin, comme si je n'avais pas compris, parce que je serai, selon elle, follement stupide, doublée d'une naïveté qu'un individu humain ne peut pas comprendre.

 

 

Elle tente de me rappeler que moi aussi, parfois, j'ai un poulet au four et que n'en réclamant pas tant, elle se contenterait volontiers d'une simple hirondelle, plus adaptée en taille à son palais ébloui !

« Qu'as-tu à aimer ces oiseaux fous qui n'ont de cesse de me narguer à ta fenêtre, esquivant moult pas d'ailes dans un ballet qui me titille la vue ? » ajoute-t-elle. Ibiza se fâche, balaie le bureau d'un coup de queue puis se relève pour entamer une longue procession sur mon clavier, et finalement s'y asseoir ! « Je te l'ai très clairement indiqué, j'ai faim ! Je t'assure d'ores-et-déjà que, nenni ! tu n'écriras pas aujourd'hui ! Foi de chat à la volonté tenace ! Vois Cyrano se languir devant la fenêtre ! Tu nous offres à chacun un de ces volatiles et je te promets que je te dégage de tout fâcheux nettoyage de tes belles vitres ! Écoute ! quatre nids ! Deux pour chacun de nous et hop, l'histoire est close ! »

 

PHOTO / LP/Christiane Navarro dans http://www.leparisien.fr/limousin/haute-vienne-les-hirondelles-bloquent-les-travaux-de-l-ecole-26-07-2017-7157211.php

 

J'ai beau lui répondre que mes oiseaux sont de pareille importance à ses vibrisses dansantes qu'Ibiza s'agace davantage. « Voulez-vous récupérer vos écrits ? » m'incrimine mon logiciel d'écriture, un peu lassé de toujours revenir sur ce qui pourrait être définitivement perdu, prouvant par là que chats ont un pouvoir de décision supérieur au mien ! D'un coup de semelle de velours, madame éteint mon engin définitivement ! Et à moi de découvrir, chaque jour, qu'elle a une connaissance du clavier qui m'épate ! Ah ! c'est peut-être elle qui a éliminé ma série sur les "discours entre la Conscience et le Soi" !

«  Fais gaffe, Ibiza ! lui dis-je, car cette fois, j'écris à ton propos ! » et ne voulant pas laisser de trace de semelles blanchies par une vie bien ordonnée de chat heureux, elle bondit hors du pupitre et invite son ami Cyrano à faire de même, tout en les laissant chacun marteler mon clavier de leurs gentilles pattes que je commence à regarder avec indignation.

« Ouh ouh Colette ! au-secours ! Cette humaine préfère les plumes d'oiseaux à nos griffes qui lacèrent son bureau ! Le monde n'est plus ce qu'il était ! » miaulent-ils, tous en cœur, faisant de leur bouche un joli cul-de-poule qui me chavire sans céder, avant d'aller enfin se poser, devinez où ! sur le bel édredon rose en plumettes et duvet qui adoucit mes nuits !

 

Ibiza de l'empire Ottoman, Angora Turc

 

Pendant ce temps béni, hirondelles continuent leur danse inlassablement, laissant sur le rebord de la fenêtre, duvet et plumettes, au cas où j'aurais besoin de refaire rapidement ma literie.

Êtes-vous assurés, nobles chats que votre pouvoir de décision est supérieur au mien ?

Non mais ! Empoisonner ainsi mes minutes littéraires n'est pas de dignité à la culture qui de graines voudraient tenter de plaire au lecteur !

Ciel ! hirondelles se chamaillent près du nid, faisant voler moult plumes noires et blanches et tombent dans mes fleurs sur la margelle de la fenêtre. J'ouvre, prenant bien garde à ce qu'Ibiza et Cyrano ne s'approchent pas, et sépare les hirondelles en conflit pour une place dans le nid. Petites hirondelles devenues grandes claquent du bec à leur tour, se donnent des coups de bouche, et chats regardent, ravis, cette histoire d'oiseaux qui aimeraient  bien rassembler leurs ailes en une vaste volée de couleurs émotionnelles.

 

Cyrano de la Mosquée bleue

 

 

 

Avocate

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

PHOTO http://www.billfrymire.com/blog/

 

Elle était avocate, accrochée à la barre,

Soutenant la tête d'un misérable gars.

Halluciné il ne comprenait pas sa peine.

Elle a allumé des espoirs contre la haine.

Elle a affligé, au palais, bien des regards

Quand juges écoutaient plaider pour le vieillard,

Leur lourd fauteuil fatigué de juger le monde.

 

Elle avait la hauteur d'une étole d'hermine,

Rien qu'un combat interrompu à leurs babines.

Elle n'était que le verbe du pauvre hère,

Quand épuisé, il en appelait à la trêve.

Lui n'avait rien d'un astre étincelant levé,

Juste des larmes versées sur le beau parquet

Des couloirs mélancoliques du grand quart-monde.

 

Les étincelles ont des aspirations.

Les ailes souvent sont des révélations.

Un ciel aussi opalescent que deux miroirs.

Une paillasse de métal pour tout espoir.

Les magistrats ont des pèlerines usées.

Les marquises ont des vitrages épuisés.

 

Joconde, le sourire lié et éloquent,

La prestance déconstruite, un peu suffocant,

Elle avait terrassé l'ardeur du patriarche

Comme une sirène ombrageuse sur les marches

Quand à l'abysse du tribunal, l'enfant meurt.

Elle a vu la misère d'un grand nombre d'heures

Et l'enfant meurt à son enfance pour toujours.

 

Elle pleurait parfois, arpentant le perchoir,

Traçant un poème pour taire sa mémoire.

Un diable a dit au-revoir pour de lourds barreaux,

L'utile défi qui enlise le chaos

Quand infraction n'était qu'un arbre brûlé.

Elle a gagné, parfois perdu, ses plaidoyers

Mais a osé dire la foi des mecs, toujours.

 

Les étincelles ont des aspirations.

Les ailes souvent sont des révélations.

Un ciel aussi opalescent que deux miroirs.

Une paillasse de métal pour tout espoir.

Les magistrats ont des pèlerines usées.

Les marquises ont des vitrages épuisés.

 

À Suzanne Walther-Siksou

http://poesie.webnet.fr/vospoemes/poemes/suzanne_walther_siksou/suzanne_walther_siksou.html

Avocate et poète.

Elle écrit un poème par jour.

 

http://beatrice-lukomski-joly.copyright01.com/

 

 

Les clefs du coeur

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

 

Illustration auteur inconnu : enseigne alsacienne "Liberté - égalité - fraternité"

1792. Freiheit Gleichheit Brüderlichk(eit) od(er) Tod "

 

Est-ce la nuit tombant sur le jour, l'alitant,

Jouant de l'oliphant à pleins cris époumonés,

Où le jour se levant sur la nuit, vaillant,

Donnant pouvoir aux hommes de fierté ?

 

Le devoir d'être ; libres, égaux, fraternels.

Libres ! au soleil se levant sur la nuit,

Nuit dont le mystère est moins grand que l'Eternel,

Malgré sa robe cousue d'étoiles qui fleurit.

 

Nuit solaire va son chemin de lumière,

Quand consciences se réclament de la clarté ;

Et si battues d'ombres filantes entières,

L'apparence ne peut rien contre la vérité.

 

Hommes ne rêvent plus, ne dorment plus,

Laissant le sommeil à la nuit et ses rêves ;

Et réclamant leur part d'heures absolues,

Ils extraient de vœux la sève qui se lève.

 

Regardant le deuil qu'engendre la volonté,

Au crépuscule se séparent les bons pour le levain,

Et à l'heure ou dansent les daemons des cruautés,

Prennent leur temps pour lever de la mie le pain.

 

Forces sombres s'agitent, s'enroulant d'un linceul,

Qui espérant les pensées les plus nobles, rient,

S'esbroufant à tromper le monde de notre aïeul,

Pour voir se taire les voix criant contre la barbarie.

 

En faut-il des heures massées d'usure, au lointain,

Pour qu'enfin hommes s'éveillent, loin de la toile,

Qu'araignées auraient bien voulu pour leur festin

Qui ne laissera rien d'englué sur le pavé royal.

 

Liberté, égalité, fraternité sont les clefs du cœur

Qui veut aimer sans plus être piétiné ;

Elles sont la vérité des hommes pour un seul chœur

Chantant sous la pluie, sur le goudron fossilisé.

 

Novembre, décembre 2018

Si j'étais...Inquiétude

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

Si j'étais un Maître, de quoi serais-je le plus inquiet ?

1 / Que chaque élève m'idolâtre et brode mes textes en moult livres publiés, y ajoutant ses impressions personnelles sans les avoir vérifiées.

2 / Les mots à leur lecture qui me feraient "peur" seraient  :

  • " Nous pouvons supposer que ... (supposer ?)
  • - En vertu de cela, nous pouvons penser que ... (nous pouvons penser, mais rien n'est certain)
  • - À partir de cette donnée, il est facile d'imaginer que… (imaginer ou supposer) 
  • - Il n'est alors pas difficile de croire que...(sur quelles bases vérifiées ?) 
  • - je crois qu'il n'y a pas de mal à spéculer sur ces questions... tout en affirmant que…ce ne peut être que vérité (Spéculer ???) 
  • - Selon mon sentiment, il est clair que le maître a voulu dire ceci... (est-ce vérifié ? ) 
  • - Il ne l'a pas dit, mais nous savons... (le pire ! car il ne l'a pas dit)
  • - Après enquête, nous avons pu vérifier que...  mais la question reste ouverte. ( parce que rien n'a été au final trouvé puisque la source n'est pas dite et en conséquence n'est pas vérifiable.)
  • - Il m'est apparu que... (comment ? est-ce sur une base clairvoyante ou de supposition personnelle, nous ne savons pas, mais nous y croyons puisqu'il dit  "apparu" Terrible, car il laisse entendre une clairvoyance qui n’existe pas.)
  • - J'ai compris plus tard pourquoi j'avais écrit ceci dans mon livre issu du Maître...je ne l'avais initialement pas perçu. (Dangereux, car qui écrit vraiment en l'autre s'il ne le réalise que plus tard ?) C'est la porte ouverte à toutes écritures faussées. ) 
  • - Que cela soit vrai ou non, c'est à chacun de décider... (une petite phrase qui dit bien que la personne en réalité ne sait pas, à vous de voir.)
  • - Je suis obligé (!) de penser que la tradition orale de mon ami est correcte ...(obligé ??? )
  • - Mais cela me semble aussi qu'il est... (cela semble, mais est-ce vérité ?) 
  • - J'ai toujours été fasciné par... (fasciné ??? )

Des mots lus à foison, relevés dans moult lectures d'auteurs ou conférenciers différents parlant d'un seul et même Maître : Rudolf Steiner.

3 / Que je sois l'idée d'un enrichissement personnel : 60 à 150 euros la journée de conférence par personne (un maximum de 40 personnes) sur cinq jours ouvrés (!) pour parler de mon enseignement. (Je l'ai vu.) 150 e X 40 personnes X 5 jours 30 000 de bénéfice net au mieux ou 60 e X 40 personnes X 5 jours = 12000 au pire (!)

4 / Constater le contraire de ce que j'ai enseigné et conseillé.

5 / Que mon enseignement soit transposé en romans de gare.

6 / De voir des gourous emprunter mon nom pour se justifier

7 / De me lire en séquences non reliées entre elles, ne laissant à personne le soin de méditer, offrant en conséquence l'abolition du chemin d'intériorisation et de conscience.

8 / Que mon enseignement voulu selon un chemin précis d'efforts soit résumé et condensé, supprimant ainsi tout effort d'intériorisation dans le processus de méditation et de la connaissance. Exemple : Nul ne mâcherait le repas d'un autre pour lui faciliter la digestion, non ?! oui ?! 

Tout cela m'inquiéterait beaucoup.

Cela m'inquiète beaucoup.

BLJ

 

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