Béatrice Lukomski-Joly


Ma page Facebook Ma page Facebook

Une âme d'enfant gai

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

photo personnelle

 

Avoir une âme d'enfant gai

Alors qu'on s'éclipse, habitée,

Loin du monde, d'ardeur hâtée,

Avec le chant d'un papageai.

 

Et jouer dans l'eau, un beau jour,

Ricochant un roc sur l'écume,

Dès lors que la pierre aime la brume,

Dans le lit des ruisseaux velours.

 

Rester modeste, loin de tout,

Dans le fort torrent des tumultes

Jouant,oh ! la plaie des insultes

Glissant dans le lit des remous.

 

Demeurer l'âme pure au vent,

Clamant son innocence belle

Toujours baignée de vagues frêles

Quand, dans l'eau, va le fort courant.

 

N'être qu'un bel enfant jouant,

Baigné de soie dans l'onde bleue,

Lors les heures filent leur lieues,

Et baigner nos yeux d'océan.

 

Partir, revenir, devenir,

Et dès lors respirer la pluie

Pour d'allure enfin vieillie, vie,

Oh ! nage dans l'eau souvenir.

 

Avancer dans le fort torrent,

Notre âme d'enfant absolue,

Des beautés conquises, voulues,

Persister à être un enfant,

 

Pour l'enfant  blond sous notre toit,

L'innocence rêvant de sa vie,

Sa main dans la nôtre choisie

Pour jouer à Robin des bois.

 

02 mars 2021

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

tableau : Jerôme Bosch "Visions de l'au-delà"

https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%B4me_Bosch

 

Cet après-midi, pendant que lisant, Jeanne me montre en une autre image-vision, un homme décédé depuis plusieurs années. Jeanne l’avait bien connu. Moi aussi.

Elle ne s’est pas montrée. Elle était en lui et lui en elle. Cela me suffisait de le savoir. C’est ainsi dans les sphères spirituelles. Nos âmes se dilatent, s’expansent jusqu’aux confins de l’univers, du cosmos. Nous sommes les uns dans les autres et cependant sans voir ceux avec lesquels nous n’avons pas eu de liens ni ceux avec lesquels nous avons eu de lourds quiproquos, vécu de la haine, de l’inimitié. Nous les savons autour et en nous sans les voir. Ils étaient donc l’un dans l’autre. Bien au-delà, je me savais en eux tous, car les défunts-vivants contiennent les âmes restées sur terre. Une image suffirait à décrire cet état en la superposant à l’image de l’enfant engendré dans le sein maternel. Il vit en elle durant neuf mois et nous vivons les uns dans les autres pour l’éternité.

Il l’avait accueillie lors de son trépas pour la terre et lors de sa naissance céleste. Il l’avait accueillie en présence des défunts-vivants qui l’avaient aimée, connue, dans sa destinée. À l’heure de sa mort, elle était venue me le dire. Il était deux heures trente du matin. Elle était joyeuse, heureuse de me revoir après toute cette période de confinement qui nous avait privé l’une de l’autre dans le désespoir. Elle avait vécu ce dont elle avait douté malgré sa connaissance de la réincarnation. Le doute était arrivé tardivement en sa vie, d’où sa joie immense à venir me dire qu’elle était vivante.

Lui, ne vit pas que j’étais là, moi, l’observant, car il ne m'avait pas aimée de son vivant. Un autre vint au-devant de lui. C’était un de ses fils encore incarné sur terre. Le défunt lui parlait. Le fils ne l’entendait pas. Il savait seulement qu’il était en face de son paternel en son sommeil, sans pourtant en avoir conscience. Faisait-il la sieste le fils pour qu'il apparaisse dans son engourdissement presque somnanbulique à mon regard ?

Assurément. C'est ainsi que je les vois, que Jeanne me les montre en ce jour.

Je vois le père tendre un verre sur lequel est gravé le dessin d’un monument historique. Le verre est vide et il souhaite que son fils le lui remplisse, non pas d’un breuvage mais d’un sentiment qui lui dirait qu’il pense à lui et qui signifierait qu’il le sait vivant dans la mort. Mais le fils ne sait pas comment remplir le verre. Je le vois dubitatif, presque éteint, ne comprenant pas ce que son père attend de lui. Curieuse chose à voir. Le verre reste vide. Le fils n’allonge pas le bras pour le remplir. L’emplir de quel breuvage quand on ignore que l’attente n’est pas celle d’un liquide mais d’une pensée d’Amour reliée aux sphères célestes dans la connaissance de celles-ci ?

Les deux ignorent que je les regarde, car je les perçois en esprit, montrés par Jeanne, dans ce monde que beaucoup disent ne pas exister et qui pourtant est bien réel et plein,. C’est sûrement pour cette raison que le père veut combler son vide. Il avait tant espéré pouvoir communiquer avec lui après sa mort sans jamais le pouvoir. Vingt deux ans passés de silence intérieur depuis son trépas, c’est une charge insurmontable pour le trépassé. Jeanne craignait aussi cet abandon. Il avait été terrestre. Il était maintenant spirituel. Ce qui s’est achevé d’une sorte reste identique après notre mort.

Le vide dans le monde spirituel est un plein qui pleure d’avoir été ignoré. Il devient alors la somme d’une dette réclamant son dû. C’est ainsi que se transforme le vide en un plein pour l’avenir qui se nomme karma dans une destinée composée d’épreuves et de libre-arbitre. Cela en harmonie avec le monde en évolution, il nous faut aussi savoir que certaines épreuves vécues ici-bas, lorsque nous avons commencé à nous élever spirituellement, appartiennent à la sphère des décisions librement choisies avant de naître et non redevables d’un karma pour une faute, dans le but de participer au sacrifice qui engendre la volonté de contribuer à la progression du monde. La différence est perceptible pour l’âme évoluée.

Ils avaient tant trinqué ensemble sur terre que le père avait aussi envie dans son purgatoire de partager à nouveau avec ce fils tant aimé et admiré un verre de bon vin. N’avait-il pas voulu, juste avant de mourir, boire son dernier verre sans autre forme de pensée. Jeanne me montre ce dernier verre que j’avais ignoré. Je ne doute pas de ce qu’elle me montre. Mourir n’avait pas eu pour lui d’autre contenu que de trinquer avant de rendre l’âme, me fait-elle voir.

Il n’avait pas cru un instant lors de son vécu terrestre que la mort pouvait être une naissance. Il l’avait toujours pensée comme la fin de soi, un vide, encore un vide, un néant que rien ne pouvait remplir en sa pensée. Le fils était vide et chacun était vide autour de lui. Il en pleurait.

Ces images-visions me ramènent une signification triple, tel que c’est souvent le cas dans une apparition dans laquelle le temps n’existe pas, pas tel que nous le pensons, et où tout se mêle. Je l’avais compris, il y a longtemps, lorsque percevant en une image vivante ce que j’avais cru être un instant de vie et qui s’était avéré s’être déroulé sur vingt cinq ans : cinq minutes pour une image de vie dévoilée par mes guides spirituels et vingt cinq ans pour qu’elle se réalise ! J’avais compris que le monde spirituel en ses images est pour beaucoup une interprétation, un leurre, une illusion, car son expression n’est pas celle terrestre, assujettie à tant d’êtres spirituels. J’avais appris à force de travail à comprendre. Chaque détail appartenait à une année précise et chaque détail avait en fait révélé ce qui allait arriver dans le temps : une parole en année une, un mot, un geste l’année quatre, la couleur d’un mur, une coiffure l’année dix, un vêtement en année douze, une rencontre, une pièce, une chambre la vingtième année, un pardon l’année vingt-trois, jusqu’à l’accomplissement total du karma.

Un rêve n’est prémonitoire que si nous tenons compte de la durée de l’image. C’est grâce à cette durée sans durée, et pourtant définie dans le temps, que j’avais compris comment Nostradamus qui m’était cher avait écrit ce qu’il voyait. Un quatrain était la résolution de quatre années, souvent des décennies, parfois moins. J’eus la clef de son écriture, réellement ininterprétable dans le temps et davantage encore car je vis que le verbe de son époque ne portait pas la même signification que le verbe des siècles qui suivirent. Le français poétique médiéval ne s‘écrivait pas comme nous l’écrivons aujourd’hui. Un mot est amputé de syllabes pour accomplir un alexandrin et devenait un tout autre mot.

Ceci pensé en ma vision claire pendant que je suis en leur présence, je les regarde, eux, père et fils, de la même façon, tous deux appartenant à une scène composée de deux évènements dans le vécu terrestre et spirituel.

Puis, le père repart triste, emportant avec lui le verre non rempli que le fils n’a pas compris qu’il lui fallait le remplir d’une eau vive qu’on appelle pensée en la certitude que le mort est vivant, et surtout d’une relation perdue que le voile de la mort avait déposé entre eux. Ainsi découvrit-il la valeur morale de son fils ne pouvant plus établir aucun lien avec lui. Les deux n’avaient jamais fait cas du monde de l’esprit et le décédé avait découvert, attristé, cette autre forme de la mort.

Je les vois se retourner, se tourner le dos, parce qu’ils n’ont plus rien à échanger. Les deux sont disparus l’un pour l’autre jusqu’à leur prochaine vie.

Ainsi pleurent les défunts essayant d'établir un lien d’amour sans y parvenir. C'est alourdir le Kamaloka d'une force épuisante que de l’ignorer. Le voile tombe, impossible à soulever.

C’’est si triste à voir, et je ne peux pas intervenir, car je leur suis invisible, juste témoin de la scène entre les deux que j’ai connus. Aussi parce que je n’en ais pas le droit et que tout ce qui est achevé sur terre ne se métamorphose plus au ciel, sauf sous la forme de la dette à rembourser. L’image vivante s’évanouit.

Au soir venu, je me retrouve avec Jeanne et son ami qui ne m’avait pas aimée et qui vit désormais de mes pensées, puisées à la source de l’eau vive en l’esprit. Je le vois boire en la nuit l’eau vive de mes lectures. Uniquement à ces heures. J’avais ignoré jusqu’à ce jour que je lui étais devenue essentielle, la sanctification du Nom en nos pensées.

Là encore, je réalise à nouveau l’accomplissement de la parole Steinerienne en ma vie. Je lui rends grâce, la sanctification du Nom en nos esprits.

 

Richard Wagner - Chœur des pèlerins – extrait de Tannhäuser Playing for Philharmonie

La peinture sur papier opaque tel un vitrail

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

 

Je me suis réveillée un matin d'été de juillet 1989 avec un rêve-images qui me laissa une forte impression.

Le rêve disait : " La peinture sera un jour aboutie en son essence spirituelle lorsque l'homme saura faire du papier opaque un vitrail avec la couleur, qu'elle soit peinture à l'huile, aquarelle, pastelle, soit la transparence. "

Il me fut montré dans mon rêve-images le résulat de ce processus. Impression indélébile, en mon âme, je cherche depuis si je peux réaliser cela sans avoir la certitude qu'elle soit pour l'application de notre époque.

La peinture qui s'en approche le plus aujourd'hui est celle de Liane Collot d'Herbois, à l'aquarelle. C'est ce qu'il me semble lorsque je la contemple sur mon écran, mais ne l'ayant jamais vu en vrai, je veux dire physiquement présente en face de ce qui me semble être vie, je ne peux pas dire si cela est vraiment ce que j'ai vu en ce rêve-image.

 

Je crois qu'à défaut de savoir le faire dans son entièreté, j'atteinds très très modestement ce processus dans la réalisation des yeux que je fais au pastel sec. Pour cela, je ne réponds pas aux règles académiques du dessin de l'oeil mais  à l'oeil miroir de l'âme et reflet de la lumière dans le cosmos. C'est pour cela qu'il y a des yeux ou regards que je ne peux pas fixer pour les dessiner et que le résultat est terne ; dans l'académisme, cela ne poserait pas de problème, mais lorsqu'il s'agit de peindre l'intériorité, il faut qu'il y ait affinité entre deux miroirs cosmiques de vie dans la bonté, la morale et l'amour. Ce n'est plus un oeil qui est dessiné, c'est la vie, la lumière.

En janvier 1984, dans un autre rêve-image, j'avais vu le Goethéanum  en couleurs, dehors, dedans, et l'avais dit à la personne (P.J) qui était avec moi ce matin là. "Cela sera." Il m'aura fallu attendre quelques décennies pour voir la réalité enfin née,  splendeur de l'intérieur. J'attends l'extérieur. Là aussi, la couleur me sembla si claire que la lumière du soleil semblait le rendre aussi transparent qu'un cristal dans l'opacité de la matière. Autre effet de clarté. La couleur intérieure  correspondait avec la couleur extérieure, tout en étant plus terrestre pour celle des façades. Pour cette autre beauté, il avait été au préalable peint en blanc afin d'en accentuer la couleur.

 

Les yeux d'Agnès

BL

Fil RSS des articles