Béatrice Lukomski-Joly


Ma page Facebook Ma page Facebook

Le verger

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

Photo personnelle : tulipe " bec de perroquet " de mon jardin

 

Je voudrais voir des étoiles dans le silence

Et le soleil rayonner quand la nuit s'allume.

Je voudrais voir la vie s'éclairer d'espérance,

La parole forger sa pensée sur l'enclume.

 

Je voudrais ne plus jamais ouïr le mensonge

Ni voir la trahison d'amis quand vient le jour.

Ne voudrais-je plus percevoir leur triste songe

Que j'entends encore le lourd vol des vautours.

 

Ai-je tremblé, coiffée de nuit, dans mon verger

Quand je vis ombre m'effleurer sous le pommier

Qu'encore je tressaille de tant d'âpreté

Du serpent rampant dans l'herbe des forts noyers.

 

Si j'ai rêvé voir l'étoile luire d'amour

Dans les regards de mille, sans que la laideur

N'entache les pupilles de cent sans amour,

J'ai vécu, triste, la calomnie des menteurs.

 

Puis, Lui est venu dans mon beau jardin

Cueillir le fruit de ma douleur sur le pommier,

Et du fruit, a pris ma plaie d'un vœu anodin,

Et la donna aux vermisseaux et aux ramiers.

 

À jamais jetée dans le val avec l'ivraie,

Du val fleurit l'olivier que la palombe aime

Pour que jamais loup ne vole ma cerisaie

Dans la hauteur du figuier qui, d'espoir, me sème.

 

Puis, Lui a nimbé mon cœur de ses bras,

Forgeant l'écu contre la mort de poésie

Pour que le cygne vole dans mon ciel bas,

Relevant de Son feu la lettre épanouie.

 

J'ai alors vu des étoiles luire en vos yeux,

Dans vos silences, nos bras étreints, nos beaux songes,

Et le soleil rayonner dans le vent des dieux,

Son serment forgeant ma paix depuis ces mensonges.

 

Coiffée de nuit dans mon verger, si près de moi,

Dans l'abondance de l'Amour, clef de nos voûtes,

Il montre du doigt les cents perdus sous son toit

Et m'auréole encor'de temps pour mon doute.

 

 

Piano Concerto nr. 1 - Sofia Vasheruk (piano

La fleur de l'olivier

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

"Descente de croix" de Rembrandt

 

Je suis allé(e) cueillir la fleur de l’olivier

quand face à l’étoile, elle donna son fruit ;

lorsque la lune, devenue coupe pour le soleil,

accueillit le sacrifice du premier Homme.

 

Nous pouvions voir les graines de l’arbre

devenir fleurs, et d’elles, un doux parfum

exhalait la puissance du mouvement accompli

que les larmes des femmes versées ornaient.

 

Ces pleurs marials que nul ne peut oublier

se répandirent sur la terre à midi, et le jour durant,

s’unissant avec grandeur au sang versé,

et tout fut rayonnant d’Amour en cette union.

 

Là était le divin calice au pied de la croix.

De compassion vécue, nous étions avec et en Lui,

les arbres en fleurs au lointain du lieu chantaient

et croissaient déjà en bouquets ardents.

 

Nous voyions ces bouquets d’aurores

avant que le feu en ses flammes ne nous baigne,

laissant les aubes anciennes sur le chemin.

Le vent était glacial et griffait nos fronts.

 

Les cheveux des Femmes s’ornaient du nimbe.

Fleurs d’amandier, de pêcher, miroitaient l’instant,

et celles de nard pardonnaient aux hommes

l’ ignorance sans conscience de leurs âmes.

 

D’autres portaient de leurs inanimés vœux

des couronnes de paille flétrie les blâmant,

et d’autres encore, des lianes malodorantes

témoignant de leur vile imposture.

 

Un diadème d’étoiles cernait le front de la Mère

que nous pouvions voir sur le front du Fils ;

la terre frémit avec Elle lors de ses sanglots,

accompagnant avec Elle les premiers Frères.

 

La beauté de la clarté prise en la Coupe

côtoyait la laideur en son ombre qui regardait ;

l’impureté des hommes dits d’excellence

fut conservée pour leur futur en leur blasphème.

 

Ce fut l’heure la plus grave, aussi la plus légère,

qu’Humanité connut à cette heure,

dessinant en nous l’ébauche de nos avenirs

en Son chemin épousé qu’alors nous ignorions.

 

"Descente de croix"" de Paolo Véronèse.

 

Aller tous nos jours

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

Fleur de nard

 

Aller tous nos jours

semblables à des saints,

aimant de Nature, le vivant,

parlant aux oiseaux jubilants,

semblables à des saints

nous devons aller chaque jour.

 

De pureté et de moralité,

aller les mains d’amour rassasié,

même vides de tout sur l’onde féconde,

la fortune n’étant pas de ce monde,

aller l’âme riche et profonde

servant la colombe.

 

Être un saint tous les jours,

auréolé de la gloire du jour,

aimer le monde en nos séjours,

toujours portant le secours

aux âmes seules ou à la louve,

aimer même triste quand vie éprouve.

 

Bénir tous les fronts douloureux,

tels des saints bienheureux,

malgré les plaies et le martyr,

malgré la calomnie, malgré le pire,

et oindre de nard et de jasmin,

les pieds blessés d’un sang carmin.

 

Aller tous nos jours

semblables à des saints,

aimant de Nature, le vivant,

parlant aux oiseaux jubilants,

semblables à des saints

nous devons aller chaque jour.

 

Arild Rosenkrantz

peintre suédois

Partie de rien, si humble.

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

"Cosette"

 

Partie de rien, une vie simple,

comme tous les gens ordinaires,

vers les gens modestes, je vole

dans la plaine des manques,

partie de rien, si humble.

 

Dit-on que leur ignorance

ne les sort pas du quotidien,

que pleure mon esprit sur eux,

surgie de rien pour rester simple,

le cœur arrimé à ceux des autres.

 

Il se dit que les gens simples,

si peu de chance, vivent-ils.

Sont-ils les joyaux de mon âme,

car si semblable, je suis venue,

pour aimer et rien d’autre.

 

Je suis passée sans être vue,

parce que tellement simple,

car tellement venue de rien,

j’ai imaginé les gens d’exception,

et j’ai pleuré sur leur misère.

 

J’ai tant aimé l’ordinaire,

cette vie sans faste, l’air de rien,

sans apparat, sans ivresse,

quelques livres en mes poches vides,

que j’ai crié l’ordinaire pour être.

 

Il se dit que les gens simples,

si peu de chance, vivent-ils.

Sont-ils les joyaux de mon âme,

car si semblable, je suis venue,

pour aimer et rien d’autre.

 

Qui peut dire sur le chemin

qui arrive premier ou dernier,

de tous ces gens sans allure,

la connaissance absente,

quand la naïveté sert la vie ?

 

Oh ! Tant de souffrances à ces gens

sont données pour qu’ils grandissent,

leur ciel éclairé, la vie flamboyante,

car les affres ne sont que leçons

qui, peut-être, les feront premiers.

 

Il se dit que les gens simples,

si peu de chance, vivent-ils.

Sont-ils les joyaux de mon âme,

car si semblable, je suis venue,

pour aimer et rien d’autre.

 

 

Fil RSS des articles de ce mot clé