Béatrice Lukomski-Joly


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La rencontre, la rose III

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

Il faisait nuit et la nuit dormait. La nuit éveillée est une nuit consciente d’elle-même qui disparaît dans la lumière. Elle n’est plus que la nécessité du corps physique sans plus être la nécessité de l’aveugle. La nuit voit la lumière et lui dit sa joie d’être en elle, un flambeau de vie. Aussi, l’homme invisible, tout à la fois visible, revint visiter l'Esprit qu’il aimait. Il l’appela dans la nuit pour pouvoir, la rencontrer de jour, près de l’écluse. Elle vint.

Elle s’assit sur l’herbe et caressa chaque brin d’herbe, les voyant sublimes de beauté offerte, dans l’Amour qui les revêtait depuis leur création.

Une rose d’un rouge carmin sublime, au parfum troublant et paisible, l’avait attendue sur la berge que le printemps avait refleurie depuis l’été dernier. La rose était imposante et majestueuse. L’herbe sur laquelle elle reposait était un autel divin sur lequel nous pouvions partager l’offrande de la Cène, indéfiniment. Éternellement. Sur ses pétales étaient écrits ces mots en lettres d’or : Je suis là, ici et ailleurs, ouvre à nouveau les yeux. C’est de la rose qu’elle le vit venir, prenant place à ses côtés. Il l'enveloppa de ses bras comme il l’avait fait jadis lors de la neige tombée du toit pour lui sauver la vie. Il la voyait pleurer sans pouvoir retenir les nuages qui l’accablaient.

Il dit : « Tu m’entends de mieux en mieux. C’est bien. Je connais cette peine qui tisse tes jours. Un jour, peine et joie ne feront qu’une comme elles le furent pour moi au pied de la croix. La souffrance est joie quand elle communie avec Lui. Quand la souffrance reste souffrance, elle est de l’homme, non pas du divin accompli en l’homme. La souffrance doit devenir joie. Car elle est un don sacré. Je suis heureux de te voir souffrir. Cela doit être. Dis-moi la raison de celle-ci. Mets-la en mots.

- Ma vie durant, je fus accablée et affligée. Tant d’amis devenus des ennemis sans que j'en comprenne le fondement et l’épreuve, pourtant parlant du Verbe que j’ai vu, ayant pardonné chacun et demandant pardon si j’en étais la cause. Quel que soit le sens du pardon, chacun l’évite, ne sait pas le recevoir, ni le demander, moins encore l’accepter. Il est pour eux comme une blessure provoquant une fracture. Il est une grande idée entre les lèvres, mais n’a pas encore abouti son principe dans le baume qu’il dépose sur les fronts n’ayant pas grandi en humilité.

- Et…

- Je souhaite en connaître le procès.

- Pourquoi dis-tu le mot procès ? Demanda l’homme habillé de la rose sur l’herbe.

- Il vient à moi comme un souvenir. Tu étais là. Tu regardais, comme nous, laissant ce qui devait être, se réaliser. Tu savais déjà, alors que nous ignorions la portée du grand mystère dont tu avais la garde et le secret, sans dire mot. Tu laissais nos libertés agir, nous observant, déjà nous scrutant de tes yeux ouverts. Seuls, deux prêtres Le défendaient.

- Et…

- La voix du Seigneur a fendu par deux fois ma nuit, me disant les mêmes mots. La première fois, en ce Temps-là ; la seconde en cette vie, quand ce ne fut pas, aussi, de jour, lors de notre mission en terre bénie, que j’en écrivis mon Credo.

- Quels furent ces mots que je connais et demande à réentendre de ta bouche ?

- Il me dit : Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle. Il ajouta : pour que le monde soit sauvé et vive par Lui. C’est ce qu’Il me dit dans ma nuit ensoleillée. Ces mots ont accompagné mes jours.

- Est-ce là ta souffrance ?

- Non ! Ma souffrance vient de tous ceux qui m’ont affligée, jusque dans le détail d’une destinée, dans tous les actes que j’ai faits, à cause de ce Verbe tout-puissant qu'ils n'ont pas entendu.  À les croire, je ne serais qu’une mauvaise femme mordant leurs chevilles. Je ne comprends pas."

 L’homme de lumière, assis dans la rose rouge-sang fleuri sur l’herbe aimée, dit : « Je ne t’ai pas sauvée la vie pour que tu sois en paix ni pour te confiner dans un quelconque bonheur, mais bien pour que tu nous sois semblable, t’ayant connue lors de ce procès et avant. Trois vies depuis ce midi, cette éclipse, cette résurrection. 

Tous te trahiront. Ne t’ai-je pas dit que tu seras riche d’ennemis ! Il en sera ainsi, car tous ont été le complice de Judas. Judas devait agir ainsi, tu le sais, cependant chaque membre du Sanhédrin avait son libre-arbitre afin de ne pas s’allier à Judas. Certains ont eu peur et d’autres avaient la rage au cœur. Nous espérions davantage d’amis en son sein. Cela ne le fut pas. Ils ont agi telle une meute de loups que le Seigneur appelait la race de vipères, de ceux qui n’avaient pas évolués, de ceux dont l’hypocrisie était un fardeau pour lequel Il était aussi venu. Rien ne peut rester en arrière. Il leur fallait te retrouver. Pour te retrouver et être avec toi, il leur fallait d’abord être ton ami, ami sincère ou ami hypocrite encore et encore, jusqu’à ce que le karma les désigne sur ton chemin, aidée d'un ami.

C’est parce que sur la fin de ta vie, tu les reconnais, qu’ils se manifestent tous dans leur zèle à t’offenser. Aucun ne sait qu’il fut membre du Sanhédrin. Le sauraient-ils qu’ils regimberaient et commettraient pires actions contre toi. En cette vie, pour se rédempter, ils sont venus pour reconnaître le mal lorsqu’il sera incarné de chair et d’os, se frottant à toi comme autant d’épines racontant la rose sans l’avoir encore vue ni comprise. Beaucoup d’entre eux chuteront lors de cette incarnation. Car ils croiront reconnaître leur maître, en le reconnaissant effectivement à l’heure venue, balayant tout ce qui fut leur idéal. N’ont-ils pas commencé, se vautrant dans l’injure qui n’émane pas de l’Amour, pourtant le prêchant telle une idée, non pas telle une pensée faite de substance solaire ? Comment pourraient-ils accepter ce que fut cette autre vie ne l’ayant pas vue ?

Tu le savais.

C’est pourquoi, je t’ai sauvée trois fois. Tu souffriras encore et encore."

Ainsi, l’eau baignant la nature et l’écluse près de la rose fleurie venaient de révéler la vie à la fontaine des destinées, les âmes qui ont leurs pieds baignés. Avant de quitter la rivière et ses chaloupes, ses arbres et ses fleurs, il s’inclina devant elle, puis ensemble, ils s’inclinèrent devant l’oiseau venu sur un épi de blé, s’inclinèrent ensuite devant la Nature endimanchée, resplendissante de vie, et s’inclinèrent devant la terre et ses minéraux qui brillaient pareillement au cristal enfin advenu en leurs chemins liés pour leur éternité. Il lui offrit sa rose rouge qu’elle effeuilla pour que sept pétales ornent ses cheveux, tel, il l’avait souhaité trente-trois ans en arrière.

Le sourire de l'Ange

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https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ange_au_Sourire

 

L’ange est venu dans ma nuit,

dire les affres de la blessure ;

d’un revers d’aile blanche,

a éloigné la mélancolie.

 

Au matin, il a offert la paix,

voyant l’usurpé pouvoir

trois jours avant la faute

dont il avait annoncé le méfait.

 

Avait-il vu l’avenir venir

pour un présent sombre,

qu’Ange a évacué sa colère

la remettant à la justice.

 

 

« Ne pleure plus tes jours ;

que ta paix demeure

qu’en Ma voix, tu entends,

j’ai vu ton pardon consacré. »

 

À peine revenue de la nuit,

dont la couleur est lumière,

dont le Verbe est Vérité,

Il a béni Son art, boutant l’injure.

 

« Ne cesse jamais d’aimer

malgré blessures et plaies,

jamais, ne réponds aux affronts

car du Christ, la Lettre doit être.

 

Qui se perd en paroles vaines,

en jugements et en verdicts,

laisse sa lumière sur la rive,

et sur sa rive, se noie d’un mot. »

 

Ainsi fut le matin venu,

habillé de l’aurore de l’Ange,

apportant la paix pour la Vie :

« Prépare l’avenir avec foi. »

 

La douleur s’est évanouie,

laissant ses stigmates, ailleurs, œuvrer ;

sur un autre chemin s’établir,

offrant le sourire de l’Ange.

 

"L'ange gardien" de František Dvořák

https://en.wikipedia.org/wiki/Franti%C5%A1ek_Dvo%C5%99%C3%A1k_(painter)

Le déchirement

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

https://www.flickr.com/photos/61084932@N07/5565031933/

 

C’est une douleur,

un déchirement,

un vaste tourment,

un malaise, un supplice,

une torture,

l’âme souffre.

 

C’est un vide abyssal,

un martyr,

une plaie,

une morsure,

une mort,

l’âme part.

 

C’est une crucifixion,

un chemin de souffrance,

une ecchymose,

noire comme l’orage,

sombre telle la nuit,

nuit sans lumière.

 

C’est une gifle,

une immense blessure,

un choc violent,

une attaque,

un outrage,

j’ai si mal.

 

Photo libre de droits

 

L'écho de sa voix

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

 

D’après la Rose Céleste, Empyrée, Divine Comédie, de Giovanni di Paolo, 1450, Toscane, XVe siècle, Renaissance.

https://blogostelle.com/2016/10/09/vie-dartiste-qui-etes-vous-dante-alighieri-part-ii/33-rose-celeste-giovanni-paolo-divine-comedie-marsailly-blogostelle/

 

Quand le monde aura achevé son heure,

et que sa voûte de ciel éludera tous les mystères,

que du nombre, peu auront vu la fleur,

qui de sa couleur bleue est celle du Mystère,

s’essouffleront les roses écarlates,

après avoir sculpté leur jardin,

de l’univers, les ultimes confins.

 

Quand des saints Noms, retentira le Verbe,

glorieux entre tous, Un au-dessus de tout,

et que tout ce qui fut, est, ne sera plus germe,

verrons-nous l’Amour être deux en l’Époux,

regardant enfin l’insensé s’unir à la clarté,

qui, de tout temps, a ensemencé les destinées.

 

Quand les clefs seront d’inutiles outils,

reconnaissant à jamais, et pour toujours,

que seul le cœur était, est, l’outil sublime,

verrons-nous les confins du jardin à l’entour

qui aura ciselé l’Impénétrable en nos âmes,

ayant offert Sa Vie dès la première flamme.

 

Car, au premier jour, après que la nuit fut achevée,

chaque Cosmos né de la fin des ténèbres,

que nous nommons Nuit, ignorants de l’Achevé,

et que le Doux Père a engendré d’algèbre,

nous fut donné dès la première Pensée

dans le Sacrifice qui engendre l’Humanité.

 

Entendant de nuit l’écho de Sa Voix du plus Haut,

attestant Sa parole au Jardin, près du Tombeau,

avec, pour juste milieu, trois croix en Ses sceaux,

nous portons sur nos épaules Sa robe pour seul Credo.


Ne pas imaginer porter une seule croix, mais trois,

car des Mystères, trois croix sont une seule foi,

car du mystère de l’Homme naît la pitié envers le Mal,

car du triple mystère se signe la rose bleue chrismale.

 

Affirmant que pour être tel le Fils de l’Homme,

devons-nous purifier le Monde, de l’Est à l’Ouest,

et oindre la croix de gauche, celle de droite, d’un Aum,

pour la Liberté en Sa Chair partagée céleste,

que Sa claire vue regarde en chacun de nos actes,

scrutant chaque seconde nos faiblesses opaques.

 

Quand le monde aura achevé son heure

et que sa voûte de ciel aura éludé tous les mystères,

que du nombre, qui aura vu la fleur,

qui de sa couleur bleue est celle du Mystère,

grandiront les roses écarlates,

après avoir ciselé nos jardins,

de l’univers, les ultimes confins.

 

Roses, épines d'or

Rédigé par béatrice Lukomski-Joly Aucun commentaire

 

Roses, bleues, grenats dorés, solaires, élues,

tendres bourgeons infiniment lents et féconds,

vont dans mon jardin, de ciel grisé, revêtues,

nues dans leurs frêles tenues, depuis des éons.

 

En avril, loge un rêve glorieux dehors,

que notre espérance d’éclore ensoleillée,

dévoile aux roses de jours, nos épines d’or,

qu’ensemble, nous allons avec art vers l’été.

 

Pourpres, orangées, ambrées, attendent les fleurs,

espérant fleurir à foison sur les charmilles,

ornant de leurs fines lianes, la douceur :

murs et écrins, chaumières, nids et haies dociles.

 

Giroflées, opales, rubis, bleu-saphirs-nuits,

secrets d’inexprimables perles de nuances

dansent dans la campagne et ses vertes prairies,

psalmodiant, avec l’oiseau bleu, l’abondance.

 

Le voyons-nous folâtrer avec l’hirondelle,

haut, haut ! dans le firmament lié - Nous inonde -

prenant à peine manifeste de Ses ailes

le fleuron qu’Il veille, tout juste né au monde.

 

Puis, voyons-nous la terre fleurie pour Son Verbe,

Amour immortel de clarté en Ses volutes,

que nous sommes Son cloître, tous Un en Ses lettres,

qu’oiseaux et Sylphes jouent en leurs vols de leur flûte.

 

Toutes photos libres de droits ; site Pixabay

 

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